Actif en Patagonie depuis les années 2000, le chanteur a acquis un terrain d'une grande importance pour les Mapuches, peuples ancestraux d'Amérique latine. L'écrivaine Moira Millán souligne ces conflits dans une interview accordée à France Inter.
"Il a simplement choisi un endroit magnifique pour y bâtir sa maison". Lors d'une intervention sur France Inter le 3 juin 2026, Moira Millán, écrivaine et weychafe mapuche, a mis en lumière les "nombreuses tensions" engendrées par l'installation de Florent Pagny dans cette région au début du nouveau millénaire.
Exilé en Amérique latine en raison de poursuites fiscales en France, cette décision a suscité de vives critiques, ce à quoi l'artiste avait répondu avec son titre "Ma liberté de penser" (2003), rappelle Le Dauphiné libéré. Cependant, peu d'attention a été portée sur le sujet plus délicat de l'impact écologique et spirituel de cette installation.
Terres accaparées
"L'endroit où [Florent Pagny] a construit sa maison est un lieu sacré de cérémonie", a expliqué Moira Millán. "C'est un espace préservé, car des forces spirituelles protègent l'eau et son écosystème, crucial pour nos rites". Ces terres ont été confisquées au détriment des Mapuches, sans aucune consultation préalable.
Des années durant, ces communautés ont été privées d'accès à ces territoires, malgré leurs nombreuses demandes auprès des autorités locales et du nouvel occupant. Cela a engendré "beaucoup de tensions", tensions qui, bien que légèrement apaisées, persistent encore.
Vision "colonialiste"
Moira Millán décrit cette situation comme un exemple d'une vision "colonialiste et suprémaciste" encore présente aujourd'hui. Alors qu'on présente Florent Pagny en France comme un "progressiste", ses actions en Patagonie révèlent une toute autre réalité.
Elle souligne que, trop souvent, les Occidentaux arrivent dans ces contrées éloignées avec une certaine arrogance. Plutôt que de chercher à comprendre et respecter ces cultures ancestrales, ils choisissent de les ignorer, remplaçant leurs pratiques par leur propre culture. Ce constat soulève de graves interrogations sur le respect des peuples autochtones et de leurs traditions.







