Téhéran a réaffirmé son intention de maintenir le contrôle sur le détroit d'Ormuz, malgré l'annonce faite par Washington concernant la levée des sanctions sur le pétrole iranien, issue des récentes discussions visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient.
Le vice-président américain, JD Vance, a salué les avancées réalisées lors des discussions en Suisse, évoquant des "bases solides pour un accord final réussi". En conséquence, il a annoncé une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien, une décision qui témoigne des efforts américains pour apaiser les tensions dans la région.
Cependant, Mohammad Bagher Ghalibaf, le négociateur en chef iranien, a souligné que la situation dans le détroit d'Ormuz ne reviendra pas à la normale. En effet, lors d'une déclaration rapportée par l'agence officielle Irna, il a affirmé que l'Iran continuera d'administrer le détroit, établissant ainsi que "l'administration de ce passage stratégique sera totalement sous le contrôle de l'Iran".
Il convient de rappeler que le détroit d'Ormuz représente une voie essentielle pour le transit de 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié à l'échelle mondiale. Avant la guerre déclenchée le 28 février, qui oppose principalement les États-Unis et Israël à l'Iran, ce passage était considéré comme non contrôlé. Ghalibaf a laissé entendre que "l'administration de ce détroit ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant le conflit".
L'Iran a négocié un accord avec les États-Unis en Suisse, visant à libérer près de 12 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés, selon Kazem Gharibabadi, chef de la délégation iranienne chargée des discussions techniques. Ces fonds seront débloqués en deux tranches de 6 milliards, avec une vigilance de la part des États-Unis pour éviter toute utilisation de ces fonds à des fins de financement du terrorisme.
Les négociations en cours, qui impliquent des acteurs régionaux tels que le Pakistan et le Qatar en tant que médiateurs, pourraient ouvrir la voie à une résolution durable du conflit, ayant déjà fait chuter le cours du baril de Brent sous la barre des 80 dollars.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, est également prévu pour une visite officielle à Islamabad, tandis que le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, se rendra bientôt dans plusieurs pays du Golfe, notamment aux Émirats, à Bahreïn et au Koweït.
Dans le même temps, la délégation iranienne, dirigée par Ghalibaf, a pris la direction d'Oman pour discuter spécifiquement de la gestion du détroit d'Ormuz. Alors que les pressions se multiplient pour résoudre ce conflit, les États-Unis ont assoupli certaines restrictions sur le pétrole iranien, une mesure qui pourrait également jouer un rôle clé dans les négociations.
Les garanties autour de l'invitation d'inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) demeurent encore floues. Un point de contentieux persistant, car l'Iran continue de nier toute volonté d'acquérir une arme nucléaire tout en défendant son droit à un programme nucléaire civil complet.
Parallèlement, le front libanais est un autre volet des négociations, avec la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits" pour mettre un terme aux combats opposant Israël au Hezbollah. Cette dynamique a des conséquences tragiques, avec plus de 4.100 décès et plus d'un million de déplacés notés depuis le début des hostilités en mars dernier.
Pour le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, le respect d'un cessez-le-feu au Liban sera un indicateur clé de la viabilité de l'accord trouvé avec les États-Unis.







