Depuis le 22 juin, la cour d’assises de la Gironde juge trois hommes et une femme, âgés de 21 et 22 ans, pour une violente agression survenue à domicile à Soussans, un bourg du Médoc, en novembre 2022. Les deux principaux accusés sont poursuivis pour tentative d’assassinat et complicité.
La nuit du 8 au 9 novembre 2022, Soussans, village tranquille de 1 700 habitants, est le théâtre d’une scène effroyable. Dans une maison, deux frères dans la vingtaine et la fillette de l’un d’eux sont réveillés par des bruits assourdissants. Un commando, composé de quatre assaillants, pénètre la maison en brisant une baie vitrée à coups de batte de baseball, casque sur la tête et gants aux mains. Parmi eux, l'un est armé d'un fusil de chasse, un autre d’un sabre-machette.
Dans la panique, l'un des frères se réfugie dans une chambre avec sa nièce. Cependant, sa présence ne dissuade pas les agresseurs. La cible des assaillants, l’autre frère, est attrapée et violemment frappée. Se dépêchant de fuir, il parvient à se barricader dans les toilettes, mais un tir retentit : un coup de feu de calibre 12 pénètre la porte et l’atteint au genou. Les agresseurs s’éclipsent, mais grâce à une enquête rapide, ils sont rapidement identifiés et appréhendés.
Tentative d’assassinat
Aujourd'hui, trois ans et demi plus tard, ces jeunes, jusque-là inconnus des services de justice, font face à leurs juges. Mathis Barbié, principal accusé et suspecté d’être le tireur, a partiellement reconnu les faits mais affirme qu'il ne souhaitait pas tuer, qualifiant le tir d'accidentel. Sa complice, son ex-petite amie, est accusée d’avoir fourni des informations pour aider au passage à l’acte, et risque la réclusion à perpétuité. Les deux autres complices, quant à eux, sont poursuivis pour violences aggravées et pourraient écoper de 10 ans de prison.
Motivation : vengeance
La genèse de cette agression réside dans une rivalité amoureuse et paternelle complexe. Mathis Barbié souhaitait se venger d’un homme avec lequel son ex-compagne entretenait une relation, un homme qui avait reconnu leur enfant commun né en 2021. Leurs relations tumultueuses, entre ruptures et réconciliations, ont exacerbé les tensions.
Ce procès met également en lumière le parcours de ces jeunes, qui ont principalement connu la banalité d'une vie ordinaire jusqu'à cette nuit tragique. Face aux juges, ils se sont révélés réservés, un seul ayant exprimé des excuses aux victimes. Le verdict de cette affaire retentissante est attendu ce vendredi, alors que la société continue de s'interroger sur les causes profondes d'une telle violence.







