Lors de l'ouverture du 51e congrès de la CFDT, qui s'est tenu lundi à Bordeaux, Marylise Léon, la secrétaire générale, a présenté un discours percutant en dénonçant l'extrême droite et les attaques visant les syndicats. Elle a souligné que l'état actuel de la démocratie française est affaibli par plusieurs secousses récentes, dont des réformes sensibles telles que celles liées à la loi immigration et aux troubles dans l'Assemblée nationale.
Dans une salle riche de 1.630 délégués, Léon a insisté sur la montée d'une rhétorique hostile envers les syndicats, déclarant : "Nous avons subi des insultes et des menaces à l'égard de nos locaux", précisant qu'au cours de ses trois années à la tête de la CFDT, elle a sévèrement observé cette tendance alarmante.
"Face à cette situation, l'extrême droite n'est pas un simple adversaire ; elle est en opposition totale à nos idéaux d'émancipation", a-t-elle ajouté, faisant référence à l'arrivée imminente des élections présidentielles de 2024, où des figures comme Jordan Bardella et Marine Le Pen prédominent dans les sondages d'intentions de vote.
Léon a encouragé les délégués à voir l'action syndicale comme la meilleure réponse à la menace que représente l'extrême droite. "Lorsque cette dernière remet en question le changement climatique et la science, elle altère notre perception des faits". Cette position est particulièrement pertinente alors que les discussions au congrès incluront également la création d'une sixième branche de la Sécurité sociale pour répondre aux risques climatiques.
Les congressistes aborderont également des réformes internes pour revitaliser l'organisation, notamment par des initiatives créatives telles que l'invitation de jeunes adhérents à participer par tirage au sort. "Il est essentiel d'innover notre manière de se rassembler, sinon le syndicalisme risque de s'isoler", a averti Léon.
Concernant la question pressante des salaires, elle a admis que le bilan est bien en deçà des attentes, mentionnant les retards dans la mise en œuvre d'accords signés avec le patronat en 2023. Ce congrès, en passant au crible des sujets cruciaux, se veut un tremplin pour renforcer l'action syndicale face à des défis toujours plus complexes.







