Abelardo de la Espriella, un avocat millionnaire et novice en politique, a remporté de justesse les élections du 22 juin, battant le sénateur de gauche Ivan Cepeda avec un score préliminaire de 49,7 % contre 48,7 %. Son ascension fulgurante a été promptement saluée par ses supporters qui voient en lui un symbole d'un virage à droite crucial pour la nation.
Lors de la célébration de sa victoire à Barranquilla, l’élu a révélé ses projets de gouvernance, notamment sa détermination à lutter contre les groupes armés liés au narcotrafic. "Je vais poursuivre sans relâche les bandits, dans le respect de la Constitution", a-t-il clamé devant des milliers de partisans. Cependant, des experts, comme l'analyste politique Álvaro Jiménez, mettent en garde contre ses promesses militaires qui pourraient aggraver la violence déjà présente en Colombie.
Reconnu pour son admiration envers le président salvadorien Nayib Bukele et le libertarien argentin Javier Milei, De la Espriella a promis de construire des méga-prisons et de bombardement des camps de narcotrafiquants avec le soutien d'alliés comme les États-Unis et Israël. Cette posture radicale vivement critiquée par des opposants pourrait cependant surtout polariser davantage le pays, où une partie significative de la population demeure sceptique.
Le mandat du président élu débutera le 7 août, à une période marquée par une résurgence inquiétante de la violence. Anticipant des manifestations, les partisans d'Ivan Cepeda continuent de contester les résultats, affirmant que des irrégularités doivent être examinées dans 33 000 bureaux de vote. Le sénateur Cepeda, lui-même allié de l'ancien président Gustavo Petro, défend une approche de négociation visant à instaurer la paix avec les groupes armeés.
Dans ce contexte, la soudaine victoire de De la Espriella pourrait bien faire basculer la Colombie vers un nouvel ordre sécuritaire. Les mouvements de protestation se multiplient, notamment à Cali et à Bogotá, où des voix s'élèvent contre ses promesses jugées trop agressives, comme celle de Brandon, un étudiant de 19 ans qui a déclaré : "Nous ne soutiendrons pas ce gouvernement, il ne me représente pas." Ainsi, malgré les célébrations, la route s’annonce semée d'embûches pour ce nouveau président qui devra concilier des opinions radicalement opposées au sein de la population.







