Éric Heyer, directeur du département Analyse et prévision de l’OFCE, s'exprime sur l'évolution des prix dans les supermarchés et ses conséquences sur le pouvoir d'achat. Malgré des signes de stabilisation des prix de l'énergie, l'impact sur les ménages reste préoccupant.
La remontée des craintes autour des prix de l'énergie, exacerbée par les tensions géopolitiques actuelles, constitue une source d'inquiétude pour les consommateurs. Les négociations commerciales entre producteurs et distributeurs s'annoncent tendues alors que les coûts grimpent. La question se pose : quelle sera la réalité des prix pour les Français dans les mois à venir ?
« Nous ne revivrons pas le cauchemar de 2022-2023, où l'inflation atteignait des sommets », rassure Heyer. Celui-ci indique que l'impact du conflit au Moyen-Orient pourrait maintenir l'inflation à un niveau modéré de 1,8 % cette année, bien que cela reste supérieur à sa prévision initiale d'une inflation à 1,2 % d'ici 2026.
Le calme apparent dans le détroit d'Ormuz, avec des prix du baril de pétrole repassant sous les 80 dollars, n'est pas synonyme de baisses immédiates des prix. Selon le directeur de l'OFCE, les effets de la crise géopolitique continueront de peser sur l'économie pendant plusieurs années, et la normalisation ne devrait pas intervenir avant 2028.
Un constat alarmant est fait quant au pouvoir d'achat : « Les salaires stagnent alors que les coûts de la vie augmentent », nuance Heyer. Sur les trois dernières années, les salaires de base ont cruellement été en retard par rapport à l'inflation, créant ainsi une perte de pouvoir d'achat persistante.
Les hausses de prix annoncées par la grande distribution pour la rentrée, liées à ces négociations, devraient aggraver la situation. Les producteurs, confrontés à des coûts logistiques et énergétiques en hausse, cherchent à répercuter ces augmentations sur le prix de vente, tandis que les distributeurs tentent de contenir cette inflation pour ne pas nuire à la consommation. « En fin de compte, c'est toujours le consommateur qui en subira les conséquences », prévient Heyer.
Les économistes, tout en reconnaissant les effets néfastes de l'inflation sur le pouvoir d'achat, soulignent l'importance de maintenir une certaine inflation. « Le véritable danger réside dans la déflation », rappelle Heyer, illustrant ainsi que des prix stables peuvent inciter les consommateurs à repousser leurs achats, ce qui pourrait conduire à une spirale économique à la baisse et à une crise de l'emploi.
Alors que le paysage économique se complexifie, un appel à l'observation attentive et à des réflexions sur l'équilibre économique semble se dessiner. L’inflation, bien que désagréable, pourrait être un mal nécessaire pour éviter un effondrement économique durable.







