Lors d'une récente réunion, le haut comité du Parti communiste cubain (PCC) a donné son feu vert à des initiatives visant à renforcer l’économie alors que l’île, sous pression de Washington, est en proie à une crise économique profonde.
Les réformes annoncées par le gouvernement sont spécifiquement conçues pour élargir l’accès au secteur privé, encourager les investissements des Cubains à l’étranger, et réduire le rôle de l’État dans l’économie.
Pour entrer en vigueur, elles doivent obtenir l’approbation de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire, qui tiendra une session extraordinaire ce jeudi, à peine une semaine après l'annonce de ces changements par le président Miguel Diaz-Canel.
Le Premier ministre, Manuel Marrero, a assuré sur X que ces réformes n’impliquent pas un abandon de la responsabilité sociale de l’État.
Un contexte tendu : blocus américain et pression maximale
Ces réformes émergent dans un climat marqué par la politique de "pression maximale" de l'administration Trump, qui a imposé un embargo pétrolier à l'île depuis plusieurs mois, aggravant une économie déjà vulnérable. Cette situation a provoqué des coupures de courant massives et des pénuries de biens essentiels.
Washington a également intensifié ses mesures coercitives, ayant récemment annoncé de nouvelles sanctions ciblant l’économie cubaine, ce qui a aggravé la situation économique de La Havane, déjà sous embargo depuis 1962.
Vers plus d'initiatives privées et d'investissements
Le gouvernement cubain, engagé dans un dialogue avec les États-Unis, espère que ces réformes permettront de réduire la crise actuelle. Le président Diaz-Canel a annoncé que la gamme d'activités accessibles au secteur privé sera considérablement élargie.
Les entreprises privées, autorisées depuis 2021 à employer jusqu'à 100 salariés, représentent maintenant environ 10 000 entités au sein de l'économie cubaine, employant un tiers de la main-d'œuvre.
Le président a également promis que les Cubains, qu'ils vivent sur place ou hors du pays, seraient traités sur un pied d'égalité avec les investisseurs étrangers, dont plusieurs ont dû quitter le marché cubain en raison de la crainte de sanctions américaines.
De précédentes mesures avaient déjà ouvert la voie à la création d'entreprises mixtes et donné à la diaspora cubaine la possibilité d'investir dans des sociétés locales.
Miguel Diaz-Canel a aussi évoqué une restructuration de l'appareil d’État, visant à réduire le nombre de ministères et de fonctionnaires.
Un propriétaire de supermarché privé à La Havane, ayant choisi l'anonymat, a exprimé son optimisme : "J'accueille toute initiative qui pourrait redynamiser l'économie en détresse."
Le soutien d'une figure influente : Raul Castro
Raul Castro, l'ancien président cubain, a manifesté son appui à ces réformes, jugées indispensables pour revitaliser une économie souffrante et asphyxiée par le blocus américain.
Bien qu'il n'occupe plus de poste formel, Raul Castro, aujourd'hui âgé de 95 ans, reste un acteur clé dans les décisions stratégiques pour l'avenir du pays. Il a décrit ces réformes comme "un ajustement nécessaire pour la révolution dans le contexte actuel", selon des sources officielles.







