Envoyer sur la Lune un rover élaboré pour simuler les rovers martiens peut sembler audacieux, mais c'est exactement ce que la NASA explore actuellement selon Arstechnica.
Le 30 juin, plusieurs responsables de l’agence ont évoqué la possibilité de déployer Promise, le modèle grandeur nature du rover Perseverance, actuellement conservé au Jet Propulsion Laboratory en Californie. Cet engin de test, à l'origine destiné à rester sur Terre, pourrait jouer un rôle central dans la future exploration lunaire.
Réutiliser et réaffecter
Nous réfléchissons très sérieusement à envoyer Promise sur la Lune, a déclaré Jared Isaacman, directeur de la NASA, lors d’une mise à jour mensuelle consacrée à la stratégie de retour sur la Lune.
Promise est en réalité un laboratoire de test, utilisé pour simuler les opérations de Perseverance sur Mars. Les commandes sont régulièrement testées sur ce véhicule, garantissant ainsi que Perseverance peut naviguer en toute sécurité sur la planète rouge. Grâce à ces tests, Perseverance a été en mesure d'explorer Mars depuis 2021, poursuivant le travail de recherche de Curiosity entamé en 2012.
Il est évident que les doubles terrestres comme Promise sont devenus moins cruciaux avec la richesse de l'expérience accumulée sur Mars, mais la question se pose: pourquoi ne pas exploiter cet investissement en envoyant Promise sur la Lune?
Aller "où bon nous semble"
Pour cela, Promise pourrait être équipé d’un générateur thermoélectrique à radioisotopes (MMRTG). Ce générateur, alimenté par du plutonium-238, offrirait une source d'énergie fiable, permettant au rover de se déplacer dans des environnements de faible luminosité, comme les cratères lunaires.
Avec un générateur thermoélectrique à radio-isotopes, nous pourrions aller là où nous le souhaitons, quelles que soient les conditions d'éclairage, souligne Carlos García-Galán, responsable du programme lunaire.
Au lieu de concevoir de nouveaux modèles, la NASA envisage de réaffecter des rovers existants dans le cadre de son programme lunaire, notamment face à une concurrence croissante comme celle de la Chine. Cela souligne un changement opportun dans la logique de l’exploration spatiale.
La décision n'étant pas encore finale, la NASA continue d'évaluer la faisabilité d'utiliser Promise comme une partie intégrante de sa flotte lunaire. Si ce projet se concrétise, cela pourrait également jeter une lumière nouvelle sur les efforts de la NASA pour établir une présence durable sur notre satellite naturel. Avec cette proposition, les agences pourraient explorer davantage les zones restant largement inexplorées sur la Lune.
C’est symbolique, note Casey Dreier de la Planetary Society. La remise en question des priorités martiennes en faveur des missions lunaires pourrait signaler un renouveau stratégique.







