Lundi, Donald Trump a annoncé la réinstauration du blocus naval des ports iraniens dans le détroit d'Ormuz, marquant une intensification des frappes militaires depuis le cessez-le-feu d'avril dans un conflit désastreux pour l'économie mondiale.
"Les États-Unis seront désormais reconnus comme +GARDIENS DU DÉTROIT D'ORMUZ+", a proclamé l'ex-président sur sa plateforme Truth Social, suite à une série d'opérations militaires visant à prévenir d'éventuelles attaques iraniennes sur les navires, selon le Commandement central américain (Centcom).
Ce retour du "BLOCUS DE L'IRAN" restreint l'accès maritime pour les navires non iraniens, tandis que Téhéran cherche à imposer des frais de service, Trump réclame quant à lui une commission de "20% sur la valeur des cargaisons" passant par le détroit, qui est pourtant censé garantir une libre circulation maritime selon le droit international.
Pour sa part, l'Iran a fermement affirmé qu'il "ne laissera en aucune circonstance" Washington interférer avec la gestion du détroit, qu'il considère comme un territoire souverain depuis le début du conflit.
Les autorités iraniennes accusent les États-Unis d'être responsables du "retour de l'insécurité" dans la région, mettant en danger l'approvisionnement mondial en pétrole, un point critique alors que les prix du pétrole continuent d'augmenter. Ce lundi, le cours du baril de Brent a ainsi grimpé de plus de 3,5%, frôlant les 79 dollars.
Andreas Lipkow de CMC Markets analyse : "Avec la rupture des négociations et la fin de la trêve, la guerre au Moyen-Orient a repris de manière forte sur les marchés."
Après près de 40 jours de bombardements consécutifs, un cessez-le-feu avait été déclaré début avril, suivi d'un protocole d'accord en juin. Cependant, les récentes attaques sur des navires cherchant à traverser le détroit ont ravivé les hostilités, forçant Trump à déclarer que le cessez-le-feu était "révolu".
Ce conflit a également mis à mal ce protocole d'accord, avec Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, affirmant : "Il est indéniable que ce document traverse une crise, mais jamais l'Iran n'a été le premier à rompre ses engagements".
Des discussions avec des médiateurs tels que le Qatar, le Pakistan et Oman sont toujours en cours pour tenter d'éviter une escalade des hostilités. Bader Al-Saif de l'Université du Koweït souligne l'importance de parvenir à des termes clairs, en insistant sur le rôle vital des médiateurs internationaux.
Le protocole prévoyait également une réouverture du détroit, mais Téhéran ne permet qu'un passage restreint le long de ses côtes, menaçant les navires en dehors de cette route. "Ce passage stratégique vaut plus que des dizaines de bombes atomiques, et l'Iran le protégera", a averti le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï, rapporté par l'agence Isna.
Les récentes frappes américaines ont visé des infrastructures irakiennes, selon le Centcom, tandis que des médias d'État iraniens rapportent que ces bombardements ont touché des zones clés comme l'île de Qeshm et Bandar Abbas. Selon un décompte de l'AFP, au total, 23 personnes ont perdu la vie en une semaine dans ce climat de violence croissant.
En guise de représailles, les Gardiens de la Révolution ont prétendument ciblé des installations américaines en Oman, Bahreïn, au Koweït et en Jordanie. Pendant ce temps, le gouvernement yéménite, soutenu par l'Arabie saoudite, a également mené des frappes sur Sanaa, visiblement pour entraver un avion iranien transportant une délégation du guide suprême.







