Le géant allemand de la mode en ligne, Zalando, a annoncé la fermeture de son centre de distribution situé à Erfurt, impliquant 2 700 postes. Cette décision, révélée le 8 janvier, vise à moderniser l'infrastructure logistique de l'entreprise et à faire face à la concurrence grandissante des plateformes chinoises telles que Shein et Temu, qui inondent le marché européen avec des produits à bas prix.
Selon Zalando, ce site représentait un « pilier logistique crucial », et sa fermeture, prévue pour fin septembre, inquiète particulièrement les travailleurs et les syndicats. L’entreprise a précisé qu'elle entamerait des discussions avec le comité d’entreprise pour mettre en place des solutions et atténuer les conséquences sociales de cette décision. Matthias Adorf du syndicat ver.di a déclaré que le groupe aurait dû investir dans le maintien des infrastructures plutôt que d’imposer cette fermeture.
Dans la foulée, Bodo Ramelow, l’ancien ministre-président du Land de Thuringe, a appelé les autorités à intervenir pour convaincre Zalando de revenir sur sa décision. Ce revirement s'inscrit dans un contexte plus large de restructuration au sein des entreprises de e-commerce, où la nécessité de moderniser les processus logistiques devient pressante.
Zalando, fondé en 2008, est devenu un acteur incontournable en Europe de la vente en ligne de vêtements, employant environ 16 000 personnes, dont près de la moitié à Berlin. Face à la concurrence feroce, Zalando avait acquis, l'année dernière, le site rival About you pour 1,1 milliard d’euros dans le but de renforcer sa position sur le marché.
Dans une note, Zalando a souligné son intention de continuer à investir dans des technologies logistiques avancées et des pratiques durables à travers son réseau européen. L’entreprise prévoit d’augmenter ses ventes de 5 à 10 % par an. La fermeture d’Erfurt ne sera pas sans conséquences, puisque le groupe ouvrira un nouveau centre de distribution à Giessen, en Allemagne, cet été, qui devrait créer 1 700 postes.
Cette stratégie d'automatisation et de modernisation de la logistique a également été observée dans d'autres entreprises du secteur, y compris Amazon, qui a récemment annoncé des réductions d'effectifs pour rationaliser ses opérations. Le passage à l'automatisation et l'intelligence artificielle reste un sujet sensible, alors que de nombreuses entreprises ajustent leurs effectifs en réponse à un marché en pleine transformation.
Le futur du secteur e-commerce pourrait ainsi se jouer autour de la capacité des entreprises à s'adapter continuellement aux fluctuations du marché et à l'essor des concurrents asiatiques.







