À Gouville-sur-Mer, dans la Manche, le camping Belle Étoile doit faire face à un avenir incertain en raison de l’érosion côtière. La mer ne cesse de menacer le camping, et ses propriétaires, Luc et Véronique Catherine, sont conscients qu'ils devront bientôt déplacer leur établissement. En effet, ce camping est le premier en France à être concerné par une relocalisation forcée, un phénomène qui pourrait toucher plus de 2 200 autres campings sur le territoire national, comme le souligne le magazine Ouest-France.
Après avoir perdu près de cinq mètres de sable lors de violentes tempêtes entre 2019 et 2020, un enrochement temporaire a été mis en place pour protéger le site. Ce dispositif, bien qu'efficace sur le moment, ne représente qu'une solution provisoire. « Les rochers sont là pour limiter les dégâts, mais ce n'est qu'une question de temps », admet Luc Catherine.
Le camping Belle Étoile, fort de ses 160 emplacements et de 30 000 à 40 000 nuitées par an, envisage donc une relocalisation vers des terres agricoles situées à environ 3 km de là, à l'entrée du bourg. Des discussions sont en cours avec les élus locaux et les agriculteurs pour trouver une solution satisfaisante pour tous. « Nous essayons de collaborer pour imaginer un projet qui pourra séduire les futurs campeurs », confie Luc, plein d'espoir.
Cependant, la route menant au camping est maintenant menacée. En 2022, leur assureur a résilié leur contrat en raison des risques liés aux catastrophes naturelles. Luc Catherine espère que des aides financières pourront être mises en place pour soutenir cette transition, rappelant que « personne ne les a mis en garde en 2010 » sur les enjeux de l’érosion.
La relocalisation pourrait offrir une nouvelle chance pour le camping. Selon des experts en gestion environnementale, cette problématique n’est pas unique à Gouville-sur-Mer. « Avec le changement climatique, de nombreuses zones côtières en France subissent les conséquences de la montée des eaux, ce qui nécessite une adaptation rapide », explique une spécialiste du climat interrogée par France 3.
Les Catherine espèrent que leur projet de relocalisation sera l'occasion de proposer de nouvelles installations tout en préservant l'attrait naturel de la région. « Il faudra que les utilisateurs de ce nouvel espace sentent qu’ils sont toujours au bord de la mer, même si celle-ci est maintenant à distance », conclut Luc Catherine, optimiste quant à l'avenir de leur camping face à ces nouveaux défis.







