Un projet en discussion entre Donald Trump et le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, désigne une possible souveraineté américaine sur différentes zones autour des bases militaires au Groenland. Cette initiative rappelle un accord signé en 1960 entre le Royaume-Uni et Chypre, comme l'indique le New York Post.
Chypre : des bases britanniques stratégiques
Le 16 août 1960, Chypre a accédé à l'indépendance, bien que certaines parties de son territoire soient restées sous contrôle britannique, comme les bases de Akrotiri et Dhekelia, représentant environ 3 % de l'île. À l'époque, ces zones étaient essentielles pour les intérêts britanniques, offrant un point d'appui en Méditerranée après la perte du canal de Suez. Aujourd'hui, ces bases continuent de jouer un rôle clé pour les opérations britanniques et alliées au Levant.
Pituffik : une présence militaire américaine sans souveraineté
La situation au Groenland est différente. Actuellement, les États-Unis opèrent une base à Pituffik, sans droits territoriaux, basée sur un accord de défense signé avec le Danemark en 1951. À l'origine, cette base jouait un rôle stratégique lors de la Guerre froide, et aujourd'hui, elle est essentielle pour la surveillance aérienne, notamment contre les menaces potentielles venant de Russie.
Une obsession sécuritaire pour Trump
Le raisonnement de Donald Trump s’inscrit dans une logique similaire à celle des Britanniques en 1960, en cherchant à étendre une présence militaire existante au rang de souveraineté territoriale. La justification repose sur des menaces jugées systémiques, qu'il s'agisse de l'URSS ou des avancées de la Russie et de la Chine. Toutefois, la dimension économique de cette ambition ne doit pas être négligée, Trump évoquant la possibilité de développement économique lié à l'acquisition de territoires autour des futures bases militaires.
Récemment, le Premier ministre groenlandais, Frederik Nielsen, a plaidé pour des investissements accrus dans son pays, soulignant que le sous-sol groenlandais contient 24 des 34 minéraux critiques identifiés par l'Union européenne, cruciaux pour la transition énergétique. Cette déclaration illustre les enjeux économiques qui sous-tendent les consultations en cours entre les États-Unis et le Groenland, que ce soit pour des raisons militaires ou commerciales.







