Alors que le Japon s'apprête à vivre une dissolution de son Parlement, l'inflation demeure un sujet brûlant, selon les données publiées récemment. La première ministre Sanae Takaichi, qui a pris les rênes du gouvernement en octobre, a annoncé cette dissolution peu avant des élections législatives anticipées programmées pour le 8 février. Ce défi économique promet de façonner le discours électoral, Takaichi s'engageant à promouvoir des mesures d'allègement fiscal.
Sanae Takaichi, à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD), misera sur sa popularité croissante pour revitaliser une formation souvent critiquée. Bien que le PLD ait eu des difficultés à obtenir le soutien nécessaire au sein du Parlement, le meilleur score dans les sondages pourrait lui donner une nouvelle impulsion.
Avant la dissolution, des chiffres officiels révélés jeudi indiquent un ralentissement de l'inflation (hors produits frais) à 2,4 % en décembre, en baisse par rapport aux 3 % notés en novembre. Les subventions énergétiques, instaurées en décembre, expliquent en grande partie cette décélération, même si les coûts alimentaires, eux, continuent de grimper. Le prix du riz, en particulier, a fait bondir de 34% en un an, devenant un symbole des défis économiques du pays.
Le Japon, longtemps confronté à la déflation, endure depuis plusieurs années une montée inexorable du coût de la vie, exacerbée par une dépréciation continue du yen, rendant les importations encore plus coûteuses.
Cet effritement de pouvoir d'achat a souvent eu des conséquences politiques, comme en témoigne la chute de l'ancien premier ministre Shigeru Ishiba, dont le mandat a été miné par l'insatisfaction face à l'inflation. Pour préparer la campagne, Takaichi a récemment dévoilé un plan de soutien économique de 117 milliards d'euros, axé sur des subventions et des allocations pour soutenir les ménages.
La lutte contre l'inflation sera au cœur de ses promesses de campagne. Elle a proposé d'abolir la taxe sur les ventes de 8 % sur les produits alimentaires pour une durée de deux ans, une proposition également soutenue par des partis d'opposition qui préconisent d'autres allégements fiscaux.
Pour Hidehiro Yamamoto, professeur de sciences politiques à l'université de Tsukuba, "les préoccupations du public sont centrées sur des mesures efficaces pour contrer l'inflation". Cependant, il reste sceptique quant à la capacité à convertir le soutien populaire en votes pour le PLD, en raison des récentes affaires de corruption ayant touché le parti.
Le gouvernement a récemment validé un budget record pour l'exercice 2026, promettant que son adoption serait rapide malgré la dissolution parlementaire, une démarche perçue avec suspicion par l'opposition. Jun Azumi, du principal parti d'opposition, le Parti démocrate constitutionnel, avertit que cette dissolution pourrait entraver l'adoption de mesures urgentes pour les citoyens.
"Nous proposons de réduire les taxes sur la consommation pour faire face à cette inflation de manière concrète", a-t-il affirmé. Takaichi espère que cette élection lui permettra de renforcer son mandat pour poursuivre une politique budgétaire expansive, risque de rendre l'économie encore plus dépendante d'une dette qui frôle déjà les 230 % du PIB.
Les réactions du marché obligataire à ces nouvelles initiatives fiscales suggèrent une certaine nervosité, avec des rendements des obligations souveraines grimpant à des niveaux inédits. La Banque du Japon doit également annoncer une décision de politique monétaire, bien que les experts s'attendent à ce qu'elle maintienne le statu quo, scrutant de près l'évolution du marché.
L'opposition, regroupée au sein d'une "Alliance centriste pour la réforme", cherche à capitaliser sur le mécontentement croissant des électeurs. Bien que les analystes assument que le PLD reste le favori, le comportement électoral des jeunes et des électeurs d'âge moyen sera déterminant. Une récente enquête a révélé que près de 90 % des jeunes de moins de 30 ans soutenaient déjà le gouvernement Takaichi. Les résultats de ces élections pourraient ainsi influencer l'avenir économique du Japon.







