Le 5 octobre, Donald Trump a annoncé la révocation d'un texte fondamental à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis. Cette décision, vivement critiquée par les scientifiques et les défenseurs de l'environnement, marque un tournant inquiétant pour l'action climatique de la première puissance mondiale.
Le président a déclaré depuis la Maison Blanche : "Nous mettons officiellement fin à ce que l'on appelle le constat de mise en danger". Cet acte pourrait entraîner un bras de fer juridique, compromettant ainsi les efforts déjà fragiles des États-Unis face au changement climatique, dont ils sont le principal contributeur historique.
Cette abrogation met immédiatement un terme aux normes d'émissions pour les véhicules et pave la voie à d'autres assouplissements réglementaires concernant les rejets des centrales électriques. Manish Bapna, président de l'organisation environnementale NRDC, a qualifié cette décision de "plus grande attaque de l'histoire des États-Unis contre les efforts fédéraux pour lutter contre la crise climatique" lors d'une déclaration à l'AFP.
Adopté en 2009 sous la présidence de Barack Obama, le texte en question reconnaissait que six gaz à effet de serre, jugés dangereux pour la santé publique, devaient être réglementés par l'Agence de protection de l'environnement (EPA). Cette décision a abouti à plusieurs réglementations visant à réduire les émissions de ces gaz nocifs, comme le dioxyde de carbone et le méthane.
Le retour à une politique favorable au charbon et au pétrole ne surprend guère, car Donald Trump a dernièrement supprimé toutes les avancées liées à l'Accord de Paris. Les réactions des scientifiques et des groupes environnementaux sont sans équivoque, devenant de plus en plus inquiets de ce qu'ils considèrent comme des décisions préjudiciables à la santé publique et à l'environnement. Dan Becker, du Center for Biological Diversity, a récemment déclaré : "Trump conduit le pays vers une impasse faite de pétrole sale et d'air pollué".
Bien que l'administration américaine argue que ce revirement devrait alléger les dépenses des ménages, notamment en augmentant l'accessibilité des voitures neuves, cette assertion soulève des doutes quant à l'approche des gaz à effet de serre, souvent traités comme moins critiques en matière de santé. Les défenseurs de l'environnement contestent cette vision, insistant sur la relation directe entre pollution et santé publique.
Les organisations écologistes se préparent à engager des poursuites judiciaires pour contester cette révocation. Cette affaire pourrait aboutir à un long parcours judiciaire, potentiellement jusqu'à la Cour suprême, qui a ratifié en 2007 la nécessité de réglementer ces gaz.
Cette décision intervient dans un contexte où 2025 s'est révélée être l'une des années les plus chaudes jamais enregistrées. Les effets du dérèglement climatique s'intensifient, mettant à jour l'impossibilité d'ignorer les changements rapides sur notre planète et la nécessité urgente d'actions concrètes.
En dépit de ces enjeux pressants, la lutte contre les gaz à effet de serre semble stagner dans le monde développé, en raison d'un manque d'investissements dans les infrastructures à faible émission de carbone.







