Les Français semblent de plus en plus apprécier les œufs, avec une consommation qui atteint un nouveau record en 2025. Chaque individu en a consommé en moyenne 237, soit dix de plus qu'en 2024, selon les chiffres dévoilés par le CNPO lors de son bilan annuel. Il est à prévoir que cette tendance se poursuive, avec une prévision de 269 œufs par personne d'ici 2035.
D'après NielsenIQ, cette hausse de la consommation s'explique par un rapport qualité-prix inégalé : "2 centimes le gramme contre 6 pour la volaille".
Cependant, cette demande grandissante commence à dépasser les capacités de production, ce qui entraîne une pénurie croissante sur les étals, et les prix montent également.
40 millions d'œufs supplémentaires vendus l'an dernier
Pour répondre à cette hausse, 300 millions d'œufs supplémentaires seront nécessaires, selon la profession. En 2025, 40 millions d'œufs de plus ont été vendus, indique NielsenIQ. Les consommateurs continuent de privilégier les œufs français, tandis que l'industrie alimentaire se tourne vers l'importation pour pallier les lacunes de production.
Face à cette pression, certains éleveurs choisissent de garder leurs poules plus longtemps malgré une baisse de leur production, et d'autres retards dans l'abandon des cages limitent le nombre de poules par bâtiment. Toutefois, la filière maintient son objectif de 90 % de production hors cage d'ici 2030.
Pour faire face à cette situation, le CNPO a mis en place un plan ambitieux, visant la construction de 575 nouveaux poulaillers dans les dix prochaines années, avec au moins 300 prévus avant 2030. En 2025, déjà 18 nouveaux bâtiments ont été érigés, ce qui pourrait produire 200 millions d'œufs supplémentaires par an. En 2026, 40 nouveaux poulaillers devraient être ajoutés.
Selon Yves-Marie Beaudet, président du CNPO, "les tensions d'approvisionnement devraient se résoudre rapidement", malgré sa prudence quant à l'utilisation du terme "pénurie".
Des enjeux environnementaux à prendre en compte
La rentabilité de la production d'œufs attire de nombreux agriculteurs, en particulier ceux cultivant des céréales, dont les revenus ont été affectés par la chute des prix mondiaux. Toutefois, au niveau européen, des régulations sont mises en place concernant les seuils d'émission d'ammoniac pour les nouvelles installations, ce qui complique la situation.
"Nous demandons un allègement administratif, sans compromettre l'environnement", a déclaré Beaudet concernant la régulation.
L'auto-approvisionnement à 95 % en France
Le CNPO œuvre pour réduire les importations, visant un taux d'auto-approvisionnement autour de 100 %. En 2025, ce taux a été de 95,6 %. Bien que la France ait des échanges d'œufs, notamment pour l'industrie agroalimentaire, la majorité provient d'Espagne, avec quelques importations d'Ukraine.
Le CNPO souligne que, même au sein de l'Union, le modèle français se distingue par ses pratiques éthiques, ayant aboli le broyage des poussins et établi un plan pour sortir des cages, même face aux défis tels que la grippe aviaire, qui a affecté 1% de la production en France en 2025.







