Un adolescent de seulement 15 ans a été reconnu coupable du meurtre d'un chauffeur de VTC survenu en octobre 2024 à Marseille. Le tribunal pour enfants de Paris a prononcé une peine de 17 ans de réclusion criminelle ce 12 février 2026. Recruté pour éliminer une cible dans le cadre d'un réseau de narcotrafic, le mineur a cependant abattu un père de famille sans lien avec sa mission. Cette affaire fait écho à la montée des mineurs impliqués dans des actes de violence liés à la drogue, comme l'a rapporté l'Agence France-Presse (AFP).
Le procès s'est tenu à huis clos, et le mineur a été jugé pour homicide volontaire en bande organisée. Il a été assigné à un tribunal parisien en raison de la complexité de l'affaire. Les réquisitions ont été prises par le tout nouveau Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), une première depuis son établissement début janvier.
Le mineur, qui encourait jusqu'à 20 ans de prison, a pu bénéficier d'une réduction de peine en raison de son âge. Les juges n'ont pas pu écarter l'excuse de minorité, lui évitant une peine maximale de réclusion perpétuelle.
Un drame tragique
Le 4 octobre 2024, un chauffeur de VTC âgé de 36 ans a été découvert mort derrière le volant de son véhicule, encastré dans le mur d'une école maternelle. Selon les enquêteurs, le commanditaire du meurtre avait directement contacté les autorités après que l'adolescent ait exécuté un contrat mal exécuté, tuant un homme qui n'était pas la cible initiale, mais un narcotrafiquant rival.
Le lendemain du crime, un détenu se déclarant membre d'un gang marseillais a affirmé avoir commandité le meurtre pour venger un adolescent poignardé et brûlé vif. L'ampleur de la violence liée à la narcocriminalité a été dénoncée par de nombreux observateurs, dont le procureur de Marseille.
Lors de l'audience, les avocates du mineur ont évoqué des carences familiales et institutionnelles, soulignant que le jeune homme avait été placé en foyer depuis ses neuf ans. Leurs déclarations ont suscité un débat autour des implications du système et du rôle des parents dans le déracinement précoce des jeunes.
Pour des raisons juridiques, son identité n’a pas été révélée. Il était également impliqué dans plusieurs affaires avant ce procès, mais aucune d'entre elles n'était gravement pénale, selon les sources judiciaires.
Un système à revoir
La situation met en lumière les enjeux préoccupants posés par l'émergence de jeunes comme tueur à gages, notamment via des plateformes comme Snapchat. Comme l’a affirmé Me Anne Santana-Marc, avocate de la famille de la victime : « La justice est le dernier rempart à la violence. » L’affaire de Marseille pourrait bien devenir emblématique dans la lutte contre la narcocriminalité juvénile.
Cette tragédie pourrait appeler à une mobilisation générale autour des enjeux sociaux et judiciaires liés à l'implication des jeunes dans des actes criminels. La réponse systémique devra être rapide et efficace pour éviter la récidive et protéger les prochaines générations.







