Des perturbations majeures des connexions internet ont été signalées ces derniers jours dans 63 régions russes, avec une justification du Kremlin évoquant la dangerosité des frappes de drones ukrainiens. Selon les déclarations officielles, ces coupures resteront en place « aussi longtemps que nécessaire » afin de garantir la sécurité des citoyens, comme l'a affirmé Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, lors de son briefing quotidien.
"Le régime de Kiev utilise des méthodes de plus en plus sophistiquées pour ses attaques, et des mesures adaptées sont indispensables pour assurer la sécurité des citoyens", a-t-il déclaré.
Cependant, le lien technique entre ces coupures de réseau et les menaces ukrainiennes ne semble pas clairement établi. Plusieurs experts, comme Adrien Merveille de Check Point Software, soulignent que certains drones peuvent nécessiter une connectivité particulière, rendant leur contrôle plus difficile sans accès à internet.
Au-delà de la justification sécuritaire, ces restrictions pourraient également être perçues comme un moyen de renforcer le contrôle gouvernemental sur les communications. Un journaliste de l'AFP a noté une connexion internet particulièrement défaillante à plus de 300 km de Moscou. Parallèlement, les autorités continuent de bloquer des applications de messagerie populaires, telles que WhatsApp et Telegram, au nom d'un respect de la législation.
Face à ces restrictions, le Kremlin pousse le développement d'une application de messagerie nationale, MAX, qui, tout en intégrant des services variés, soulève des préoccupations quant à la protection de la vie privée des utilisateurs, ne proposant pas de cryptage de bout en bout.
Les critiques semblent donc fondées : ces mesures peuvent servir à surveiller plus efficacement la population, agrandissant le fossé entre sécurité et liberté individuelle. L’avenir des réseaux de communication en Russie pose désormais la question cruciale de l'équilibre entre la sécurité nationale et les libertés civiles.







