Le retour d'Ana María Sálomon Pérez dans son pays a été officialisé par un décret royal mardi, illustrant une détérioration des relations entre l'Espagne et Israël.
Les tensions entre Madrid et Tel-Aviv atteignent-elles un point de non-retour ? Le gouvernement de Pedro Sánchez a récemment annoncé la cessation des fonctions de son ambassadrice à Tel-Aviv, marquant un épisode significatif dans les affaires internationales.
« Conformément à la proposition du ministre des Affaires étrangères, et après délibération du Conseil des ministres, je décrète la révocation de Mme Ana María Sálomon Pérez de ses fonctions, la remerciant pour ses services », précise le décret royal signé par le roi Felipe VI.
Selon Reuters, ce retrait est définitif. En septembre dernier, l'Espagne avait rappelé sa diplomate, suite à des échanges tendus avec Israël, après l'annonce de nouvelles mesures visant à « mettre un terme au génocide à Gaza ».
Si Madrid choisit de rétablir une représentation diplomatique en Israël, elle devra d'abord nommer un nouvel ambassadeur, qui devra ensuite se présenter aux autorités israéliennes.
En parallèle, Israël n'a plus d'ambassadeur en Espagne depuis la reconnaissance de l'État de Palestine par Madrid en 2024, créant un vide diplomatique d'importance.
Pedro Sánchez, une voix de dissentiment en Europe
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, est devenu l'une des voix les plus critiques en Europe à l'encontre des actions de Benyamin Netanyahou, notamment suite aux représailles contre Gaza après l'attaque du Hamas en octobre 2023.
Gideon Saar, le ministre israélien des Affaires étrangères, a accusé Sánchez d’« antisémitisme » après ses commentaires en faveur des manifestants propalestiniens.
En avril, le ministère espagnol de l'Intérieur a annulé un contrat d'achat de munitions à une entreprise israélienne, sous la pression de la coalition gouvernementale, incluant le parti Sumar de gauche. De plus, un contrat de presque 700 millions d'euros pour des lance-roquettes a été annulé à la suite d'un embargo sur les transactions avec Israël.
Evoluant dans un climat déjà tendu, l'Espagne s'affiche désormais comme l'un des pays européens les plus engagés dans la cause palestinienne. Récemment, elle a également condamné les frappes américaine et israélienne en Iran, refusant l'accès à ses bases militaires en Andalousie, qualifiant cette intervention de « non justifiée » et en contradiction avec la Charte des Nations unies.







