Mojtaba Khamenei prône la fermeture inébranlable d'Ormuz alors que le pétrole s'emballe

La situation au détroit d'Ormuz exacerbe la crise pétrolière mondiale.
Mojtaba Khamenei prône la fermeture inébranlable d'Ormuz alors que le pétrole s'emballe
©-, AFP - Des pompiers près d'un immeuble détruit sur le site de frappes aériennes israéliennes nocturnes dans la banlieue sud de Beyrouth, le 12 mars 2026 au Liban

Le nouvel guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a fait une déclaration jeudi en faveur du maintien de la fermeture du détroit d'Ormuz, point névralgique pour le commerce mondial des hydrocarbures, dans un contexte de flambée des prix du pétrole.

Nommé à la suite du décès de son père, Ali Khamenei, durant les frappes israélo-américaines sur l'Iran, Mojtaba Khamenei reste discret sur la scène publique, étant lui-même blessé. En réponse à la situation, l'ancien président américain Donald Trump a évoqué la nécessité de "contenu" du régime iranien, qualifiant les soucis liés aux prix du pétrole de secondaires.

Dans son intervention préenregistrée diffusée par la télévision nationale, le nouveau dirigeant a exhorté les nations voisines à expulser les bases militaires américaines de leur territoire, promettant une vengeance pour les pertes humaines causées par le conflit. Ces déclarations interviennent alors que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a averti d'une "perturbation sans précédent" des approvisionnements en pétrole.

Actuellement, le passage maritime dans le détroit d'Ormuz est presque paralysé, ce dernier étant la voie de passage de près de 20% des ressources pétrolières et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux. Le conflit, qui a commencé le 28 février, affecte sévèrement l'approvisionnement en pétrole, aggravant la situation économique mondiale.

L'AIE indique que les pays du Golfe ont dû réduire leur production de plus de 10 millions de barils par jour à cause du blocage, tandis que les membres de l'AIE ont approuvé un déblocage sans précédent de 400 millions de barils de leurs réserves.

Au 13e jour de conflit, les habitants de la région vivent entre défis quotidiens et espoir d'un avenir meilleur. Une iranienne de 39 ans, jointe par l'AFP depuis Paris, rapporte : "On peut toujours faire ses courses, sauf lorsque les dépôts de pétrole ont été frappés, c'était apocalyptique." Bien que les frappes soient éprouvantes, elle exprime son scepticisme envers ceux qui sont opposés à l'idée de guerre, suggérant qu'une intervention étrangère est nécessaire.

- Intensification des tensions dans le Golfe -

Le jeudi a été marqué par des explosions sur divers sites, notamment un réservoir d'hydrocarbures à Bahreïn, un grand champ pétrolier en Arabie Saoudite, un aéroport au Koweït et un port à Oman. Selon des rapports, au moins six navires ont été attaqués depuis le début du conflit.

Les ambitions iraniennes ne s'arrêtent pas là; des géants technologiques et bancaires américains, déjà touchés, pourraient devenir des cibles potentielles. Les Gardiens de la Révolution annoncent une détermination à punir les intérêts occidentaux et parlent d'une possible "guerre d'usure".

- Des menaces de représailles -

Les commentateurs et analystes s'interrogent sur la stratégie américaine face à ces provocations. Pierre Razoux, directeur de la Fondation méditerranéenne d'études stratégiques, prédit que Téhéran n'hésitera pas à agir loin de la retenue, comme l'illustre la déclaration du président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, évoquant un abandon de toute retenue dans la région.

La guerre a déjà provoqué le déplacement de 3,2 millions d'Iraniens, selon un rapport du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Les répercussions du conflit au Liban et ailleurs se font aussi sentir, avec un nombre croissant de victimes côté Hezbollah.

Le ministre israélien de la Défense envisage des opérations potentielles pour prendre le contrôle de territoires. Le climat politique est tendu, et l'avenir demeure incertain alors que les implications économiques et humanitaires continuent de se développer.

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