La Commission européenne a récemment annoncé la suspension des financements destinés à la Serbie. Selon la commissaire à l'Élargissement, Marta Kos, cette décision est due à une "régression" significative dans les réformes judiciaires dans le pays. Lors d'une conférence en Suisse, elle a précisé que des réformes controversées ont été adoptées sans consultation appropriée des parties prenantes, y compris des juges et des procureurs.
Les critiques affirment que les nouvelles lois, adoptées en janvier, augmentent l'autorité des présidents de tribunaux au détriment de l'indépendance des juges, ce qui suscite des inquiétudes non seulement au sein de l'UE mais aussi du Conseil de l'Europe. "Nous avons décidé d'arrêter tous les paiements du plan de croissance car des reculs en matière de justice persistent", a déclaré Marta Kos.
"Tant que cela ne sera pas corrigé, ils ne pourront pas bénéficier du soutien financier européen", a-t-elle ajouté.
Ce plan de croissance, qui s'applique à six pays des Balkans occidentaux, notamment l'Albanie, le Kosovo et le Monténégro, est doté d'un budget de six milliards d'euros pour 2024-2027. Les fonds sont liés aux réformes, notamment l'indépendance judiciaire et la lutte contre la corruption.
Marta Kos a également évoqué d'autres problématiques telles que les menaces sur l'État de droit, la démocratie et la liberté de la presse. Elle a souligné que la Serbie, après des mois de manifestations contre la corruption, est désormais "fortement polarisée" et que sa politique étrangère, marquée par des liens étroits avec le Kremlin, complique davantage son intégration européenne.
"Elle est candidate pour entrer dans l'UE depuis plus d'une décennie et, malheureusement, nous observons des reculs", a dénoncé la commissaire.
À ce jour, la Serbie est l'un des rares pays européens à ne pas avoir sanctionné la Russie suite à son invasion de l'Ukraine en février 2022. "On ne peut pas avoir le pied dans deux camps", a conclu Marta Kos.







