Alors que de nombreux voyageurs prennent le train pour profiter de jours fériés, le wifi à bord devient un sujet de frustration. Entre déconnexions récurrentes et lenteurs, la situation pousse de nombreux passagers à adopter d'autres solutions, comme la 5G ou un bon vieux livre. Mais pourquoi une telle instabilité ?
La SNCF, bien que critiquée pour sa connexion intermittent, n’est pas la seule en Europe à faire face à ce défi. Selon Luke Kehoe, analyste chez Ookla, le wifi des trains dépend des réseaux environnants, ce qui rend sa fiabilité aléatoire. Chaque rame est équipée d’antennes sur le toit pour capter les signaux des opérateurs, mais l’absence de relais à proximité entraîne souvent une couverture insuffisante.
D’après l’Arcep, l’Autorité de régulation des télécommunications, actuellement, les opérateurs doivent couvrir seulement 60 % des voies ferrées, un taux qui atteindra 90 % d’ici 2030. Entre temps, les innovations sur le terrain peinent à trouver des solutions efficaces, notamment en raison de la vitesse des trains. Mohamed Trigui, expert chez Sia Partners, souligne que ce sont surtout les zones isolées et les tunnels qui compliquent la connectivité.
Des changements de wifi de plus en plus fréquents
Un train à grande vitesse peut croiser une antenne tous les 45 secondes. Lorsqu'un grand nombre de passagers se connectent à ces points en même temps, la saturation du réseau se pose rapidement. Ainsi, la qualité du service peut grandement varier selon le trajet : sur certaines lignes TGV, le taux d’échec pour charger une page web se situe entre 18 et 32 %; pour les TER, il grimpe à 21-29 %.
À l’inverse, les trains circulant dans des zones urbaines bénéficient d’une meilleure couverture, comme le démontre le trajet Metz-Luxembourg. Les RER et transiliens franciliens affichent des taux d’échec bien plus bas, entre 2 et 15 %, en raison d’infrastructures spécialement adaptées.
Wifi en avion : un contraste frappant
Les passagers des avions remarquent souvent que la connexion est plus fiable dans les airs. Pourquoi ? Tout simplement en raison de l’environnement : pas de murs, d'arbres ou de tunnels pour interférer avec le signal. Les réseaux aériens utilisent des satellites, une technologie qui n'était pas disponible lors du déploiement du wifi dans les trains. Mohamed Trigui fait état d'études actuellement menées pour explorer des solutions satellitaires à faible altitude, mais ces projets rencontrent des enjeux de souveraineté nationale.
En somme, bien que des avancées soient attendues, la connexion wifi dans les trains restera sans doute sujette à des aléas pendant un certain temps encore.







