Jeudi soir, Téhéran a intensifié ses efforts de protection aérienne en activant ses systèmes contre d'éventuels drones et avions légers. Cette décision intervient alors que l'on s'approche des deux mois du conflit entre l'Iran et les États-Unis, un terme qui obligerait traditionnellement Donald Trump à solliciter l'aval du Congrès pour la poursuite des hostilités.
Cependant, des membres de son administration ont laissé entendre qu'ils pourraient choisir de contourner cette exigence, une situation que les démocrates peinent à contrecarrer.
Le 28 février, un conflit a éclaté entre les États-Unis et Israël d'une part, et l'Iran de l'autre, bien qu'un cessez-le-feu ait été instauré depuis le 8 avril. Malgré cette trêve, les tensions demeurent palpables, faisant grimper les prix des hydrocarbures à des niveaux inédits depuis quatre ans, selon des analystes économiques.
En vertu de la Constitution américaine, seul le Congrès détient le pouvoir de déclarer la guerre. Toutefois, une loi de 1973 autorise le président à engager des actions militaires limitées pour faire face à une urgence. Passé un délai de 60 jours, il doit cependant obtenir l'aval du Congrès, un point que le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a nuancé en affirmant que le cessez-le-feu suspendait cette « horloge ». Un responsable de l'administration, interrogé par l'AFP, a précisé qu'il n'y avait eu aucune confrontation militaire entre les deux nations depuis le 7 avril.
En réponse au verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, stratégique pour le transit des hydrocarbures, Washington a instauré un blocus des ports iraniens. Cette mesure pourrait être prolongée « pendant des mois », selon un officiel américain.
Sur le plan des marchés, l'impact du conflit commence à se faire sentir plus largement, le prix du pétrole Brent atteignant brièvement plus de 126 dollars, un niveau jamais vu depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Ce vendredi, il était en légère hausse à 111,05 dollars.
- Une défaite marquante -
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a affirmé que les États-Unis subissaient une « défaite honteuse ». Parallèlement, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a qualifié le blocus américain de « prolongement des opérations militaires ». Les systèmes de défense antiaérienne de Téhéran ont été déployés pour contrer des menaces aériennes non identifiées, un événement rapporté par les agences Tasnim et Fars.
Selon les agences, l'alerte de défense a chuté après environ 20 minutes d'activité, laissant Téhéran revenir à une « situation normale ».
Le conflit a déjà causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré les récents pourparlers, les avancées diplomatiques semblent bloquées, avec des conséquences économiques de plus en plus lourdes. Les répercussions se manifestent par des pénuries croissantes et une inflation galopante.
Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie, a qualifié la situation de « plus grave crise énergétique dans l'histoire du monde ».
- Appels à la paix -
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exprimé son inquiétude concernant l'impact de la paralysie du détroit d'Ormuz sur l'économie mondiale. Il a plaidé pour des dialogues constructifs pour éviter un approfondissement du conflit.
Du côté libanais, de nouvelles frappes israéliennes ont entraîné la mort de 17 personnes, exacerbant davantage les tensions. L'ambassade américaine à Beyrouth a souligné la nécessité de discussions entre les leaders libanais et israéliens, déclarant que le Liban était à « un tournant » critique dans son histoire.
Les opérations militaires d'Israël au Liban ont donné lieu à plus de 2 500 morts et à plus d'un million de personnes déplacées depuis le début du conflit en mars, selon des sources gouvernementales.







