Le Mipim 2026, même sans la présence d'élus locaux en raison des élections municipales, a mis en lumière l'enjeu majeur du logement abordable. L'événement a rassemblé promoteurs, investisseurs, courtiers et architectes autour de ce sujet essentiel, avec plusieurs propositions innovantes.
Lors de la conférence d'ouverture, intitulée "Housing Matters", le ministre français du logement et de la ville, Vincent Jeanbrun, a esquissé des ajustements prometteurs en matière de réglementation. "Notre objectif est de garder une ambition en matière de construction tout en tenant compte des retours du terrain", a-t-il précisé.
"Un décret sera publié prochainement pour faciliter la construction tout en préservant la qualité d'usage et en réduisant l'impact carbone", a ajouté le ministre.
Une perspective européenne sur le logement
Jeanbrun a évoqué la réglementation RE 2020, qui impose des plafonds en matière d'émissions de carbone sur les nouvelles constructions. C'est un sujet qui préoccupe également le Parlement européen, qui a récemment voté une série de recommandations destinées à la Commission sur les normes de construction, indiquant une volonté d'assouplissement.
En s'inspirant de l'exemple de Hambourg, souvent citée pour sa flexibilité en matière de normes, le ministre a souligné les mesures qui permettent de libérer la construction résidentielle, telles que la suppression de l'obligation d'installer des chauffages dans les couloirs, comme le rapportent Les Echos.
Vers des bâtiments reconditionnés
Un des concepts innovants évoqués est celui des "bâtiments reconditionnés", qui répondent aux normes de sécurité des nouvelles constructions tout en étant moins coûteux à produire. Ce modèle pourrait incarner l'avenir de la construction, selon Jeanbrun.
"L'idée est d'incorporer des compromis sur certains aspects afin de rendre la construction plus rapide et économique", a-t-il déclaré.
Cependant, cette approche nécessite des adaptations réglementaires qui manquent encore, malgré les nombreux projets de transformation de bureaux en logements qui émergent, comme l'indiquent de nombreux observateurs.
Construction hors site : une réponse à la crise
Le Mipim a également mis l'accent sur la construction "hors site", un processus de pré-fabrication qui pourrait considérablement réduire les délais et les coûts, ainsi que l'impact environnemental. Selon Céline Beaujolin, directrice générale de l'association Filière hors site France, cette méthode pourrait doubler le nombre de logements construits dans les prochaines années.
"Les objectifs de la RE 2020 sont réalisables sans coûts supplémentaires significatifs", assure Beaujolin.
Enfin, de nouveaux modèles comme le Bail réel solidaire, qui permet de dissocier l'achat du foncier de celui du bâti, sont également des pistes d'avenir, bien qu'elles nécessitent un retour des investisseurs institutionnels pour se développer.







