Cuba manifeste sa volonté d'engager des discussions substantielles avec les États-Unis, tout en restant ferme sur son système politique, a déclaré mardi Tanieris Dieguez, diplomate cubaine à Washington, à l'agence AFP.
Les chefs d'État des deux nations, Donald Trump et Miguel Diaz-Canel, ont tous deux confirmé que des pourparlers sont en cours, dans un contexte où Cuba traverse de sérieuses crises économiques, illustrées par une panne d'électricité généralisée survenue ce lundi.
Trump s'est montré optimiste quant à la possibilité d'un accord rapide, tout en se lançant dans des critiques envers ses adversaires, notamment le Venezuela et l'Iran, inscrivant ainsi le sujet cubain dans un cadre géopolitique plus vaste.
Dieguez a précisé que bien que les deux pays aient des intérêts communs à explorer, il est crucial que chacun respecte les choix politiques de l'autre. "Rien concernant notre modèle constitutionnel ne sera discuté", a-t-elle affirmé fermement.
"Cuba ne demandera que le respect de sa souveraineté et le droit à l'autodétermination" a-t-elle ajouté, soulignant ainsi l'intransigeance de La Havane face aux pressions extérieures. Le New York Times, citant des sources anonymes au sein de l'administration américaine, a révélé que Trump réclame le départ de Diaz-Canel, qui est perçu comme un obstacle au changement.
Récemment, La Havane a annoncé des mesures permettant aux Cubains basés à l'étranger d'investir sur l'île, une initiative qui vise à dynamiser l'économie socialiste, marquée par des restrictions depuis la révolution de 1959.
Cependant, Marco Rubio, secrétaire d'État et critique ardent du gouvernement cubain, a qualifié ces réformes d'insuffisantes. Pour Dieguez, l'embargo commercial américain, en vigueur depuis des décennies, reste le principal frein au développement économique, dissuadant les investisseurs par ses règles contraignantes.
"Nous sommes ouverts à tout intérêt américain, que ce soit des entreprises ou d'autres acteurs", a-t-elle déclaré. Elle a également souligné que les répercussions de l'embargo, notamment les restrictions sur le pétrole venant du Venezuela, aggravent la situation sanitaire à Cuba, là où environ 3.000 enfants n'ont pas pu être vaccinés, une situation tragique dans un pays vantant son système de santé.
Dans ce contexte, Rubio impute les difficultés économiques à la gestion de l'État communiste, affirmant que "Cuba souffre d'une économie dysfonctionnelle, que son système politique ne parvient pas à corriger". Une position qui suscite débats et controverses tant au sein de la communauté internationale qu'à l'intérieur de l'île.







