Selon Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le monde risque de faire face à une des crises énergétiques les plus sévères depuis des décennies, en raison de la guerre en cours au Moyen-Orient. Il a qualifié cette situation de "menace majeure" pour l'économie mondiale lors d'une récente déclaration à Canberra.
"Nous avons déjà perdu 11 millions de barils par jour, un chiffre qui dépasse même les pertes enregistrées lors des deux grandes crises pétrolières des années 1970," a souligné M. Birol. À l'époque, les pertes lors de chacune de ces crises étaient d'environ cinq millions de barils par jour, soit un total combiné de 10 millions de barils.
En faisant une analogie avec les bouleversements causés par l'invasion de l'Ukraine par la Russie l'année dernière, il a précisé que "cette crise actuelle équivaut à deux crises pétrolières cumulées avec un effondrement du marché gazier".
Birol a également mis en lumière les dommages considérables subis par au moins 40 infrastructures énergétiques dans neuf pays du Moyen-Orient, exacerbés par le conflit en cours.
"Aucun pays n'échappera aux répercussions de cette crise si elle perdure. Une action collective à l'échelle mondiale est indispensable," a-t-il averti. "L’économie mondiale est menacée, et il est crucial que ce défi soit résolu rapidement," a ajouté M. Birol.
Il a également mentionné la situation délicate dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20 % de la production mondiale d'hydrocarbures, qui se trouve actuellement de facto bloqué à cause du conflit. Cette escalade a débuté le 28 février avec des frappes israélo-américaines sur l'Iran, déclenchant une série de tensions.
En réponse à la crise, le président américain a menacé d'agir contre les infrastructures irakiennes si le passage n'est pas rouvert. À son tour, l'Iran a intensifié ses attaques par missile et par drone sur des infrastructures énergétiques dans des pays alliés, ciblant particulièrement ceux qui naviguent dans le Golfe.
Dans une tentative de stabiliser le marché pétrolier, les États-Unis ont, récemment, donné le feu vert pour la vente de pétrole iranien actuellement sur mer, mais Téhéran a rétorqué qu'il n'avait pas de surplus à offrir.







