Cédric Prizzon, récemment arrêté au Portugal, est suspecté d'avoir tué son ex-conjointe puis sa compagne actuelle. Le Haut Conseil à l'égalité a sollicité la saisine du parquet national antiterroriste, qualifiant les actes de Prizzon de "terrorisme misogyne".
Dans une déclaration faite vendredi sur Franceinfo, Olivier Christen, le procureur national antiterroriste, a clairement exprimé son intention de ne pas prendre en charge l'affaire, estimant que le parquet de Montpellier est tout à fait capable d'en traiter la gravité. "Je n'entends pas me saisir de cette affaire car je pense que le parquet de Montpellier, qui est celui qui en est saisi, est tout à fait à même de la traiter dans sa dimension la plus grave", a-t-il affirmé.
Le procureur a ajouté que les organes gouvernementaux ne devraient pas influencer la justice dans la qualification des faits. Répondant aux préoccupations du Haut Conseil à l'égalité, qui dépend de Matignon, il a précisé : "Les organes rattachés au gouvernement ne peuvent faire pression de quelque façon que ce soit sur la justice". Dans un communiqué, le HCE avait appelé à la saisine du parquet national antiterroriste dans l'affaire, soulignant les enjeux liés à l'idéologie masculiniste.
L'autorité judiciaire doit rester indépendante dans son approche de ces sujets
En évoquant les faits, Christen a reconnu leur caractère terrible et tragique, mais a insisté sur le fait qu'il s'agit d'une affaire individuelle. Le suspect, ancien policier de 42 ans, a été interpellé le 25 mars avec ses deux enfants, âgés de 12 ans et un an et demi. Au fil des années, Prizzon s'était opposé à la perte de son droit de garde, s'associant à d'autres pères dans cette lutte.
Christen a exprimé son souhait que les organes gouvernementaux n'influencent pas les décisions judiciaires. "Il serait opportun que l'ensemble des organes rattachés au gouvernement se dispensent de donner ce qui peut paraître comme des instructions sur l'autorité judiciaire, qui doit rester indépendante dans son approche de ces sujets", a-t-il averti. Cela viserait à éviter de donner l'impression que le parquet antiterroriste ne considère pas la gravité de ces faits.
Il a également souligné que seul le ministre de la Justice est habilité à définir des politiques générales dans le domaine judiciaire.







