« Je pensais qu’il y avait une tolérance » : voilà ce qu’a déclaré un Mauricien de 38 ans, récemment condamné à deux ans de prison par le tribunal de Bordeaux pour avoir loué des appartements à des prostituées. Entre 2016 et 2020, cet homme a gagné jusqu’à 136 000 euros en espèces en proposant des logements à des prix exorbitants, bien au-delà du marché immobilier.
Selon ses propres dires, le prévenu a commencé par accueillir des touristes dans ses appartements situés dans des quartiers comme la rue de la Devise ou près de la gare Saint-Jean. Cependant, il a rapidement remarqué que sa clientèle se composait de plus en plus de prostituées, ce qui l'a conduit à être jugé pour proxénétisme aggravé.
Le procureur, Jean-Dominique Trippier, a révélé que l’homme avait même dépensé une partie de son argent pour acheter un Range Rover en espèces, plaidant la nécessité d’une fausse facture. Bien que le loueur assurait qu’il ne se voyait pas comme un proxénète, les faits, eux, ne laissaient guère de place au doute.
« Je ne mesurais pas les conséquences »
Le Mauricien a reconnu qu’il était conscient de l’usage illégal de ses biens. Pourtant, son discours trahit une certaine incompréhension des ramifications de ses actes. « J’ai pensé qu’il y avait une tolérance pour cela », a-t-il confié devant le tribunal, ajoutant qu’il n’avait pas anticipé le tour que prendraient les événements.
Les enquêtes ont révélé l’existence d’un réseau de transcriptions sur des applications de messagerie, facilitant ainsi le contact entre prostituées et clients, rendant encore plus opaque les opérations illégales qui se déroulaient sous le couvert de simples locations. Plusieurs femmes brésiliennes et d’origine slave ont été identifiées comme bénéficiaires de ces mises à disposition.
En outre, des détails inquiétants ont émergé, avec une partie civile affirmant avoir été victime de menaces à l’encontre de ceux qui souhaitaient mettre un terme aux activités de prostitution. Cette situation a incité des avocats tels que Me Audrey Delhomme à prendre la parole, soulignant la violence qui entoure souvent ce milieu.
« On m’a menacé »
L'homme a admis qu'il avait été intimidé lorsque qu'il a essayé de retirer son implication dans ce système. Sa défense, représentée par Me Marilou Séval, a plaidé son innocence en affirmant qu'il ne se considérait pas responsable de la situation des femmes accueillies dans ses appartements.
Malgré ces arguments, le tribunal a conclu à la culpabilité du prévenu, sanctionnant ce dernier à deux ans de prison, avec une peine effective de six mois déjà purgés durant sa détention provisoire. Les biens acquis grâce à ce business illicite ont été saisis, tandis qu'il lui reste dix-huit mois de sursis à purger.







