Le parquet de la cour d'appel de Versailles a demandé, le lundi 20 novembre, une peine de trois ans de prison dont un an ferme pour Dominique Boutonnat, ancien président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC). Il est accusé d'agression sexuelle sur son filleul lors de vacances en Grèce au mois d'août 2020. L'avocate générale a mis en avant le « déni » persistant de Boutonnat concernant les faits reprochés.
Durant l'audience et lors de la première instance, l'ancien dirigeant du CNC, qui était une figure influente du cinéma français avant sa condamnation, a maintenu sa négation des actes. Toutefois, il a admis qu'il comprenait mieux la « souffrance réelle » de son filleul, maintenant âgé de 20 ans. Suite à sa condamnation initiale, Boutonnat a démissionné de son poste au CNC, une entité chargée entre autres de prévenir les violences sexuelles dans l'industrie cinématographique.
Le jeune homme accuse Boutonnat d'avoir tenté de le masturber dans son lit après que les deux aient nagé nus dans une piscine. Il affirme que, pour mettre fin à ces avances, il a été contraint de se masturber lui-même. Boutonnat, pour sa part, admet avoir photographié son filleul nu, mais insiste sur le fait qu'il ciblait le paysage et non le jeune homme lui-même.
En parlant des événements, Boutonnat a évoqué une « mécanique de mensonge » de la part de son filleul, affirmant qu'il n'avait reconnu que des actions ayant une connotation non sexuelle. La dernière déclaration de Boutonnat, selon son avocate Delphine Meillet, soulève des doutes sur l'ambiguïté de leur relation. « Ce qui s'est passé cette nuit-là était extrêmement volatil mais consenti », a-t-elle défendu.
Le verdict final sera rendu le 22 juin 2024, marquant une attente intense pour les deux parties, et révélant les anciennes dynamiques de pouvoir au sein de l'industrie cinématographique française, un sujet d'actualité fréquemment discuté dans les médias. Selon des experts tels que le sociologue Pierre Cassens, « l'importance de ces affaires réside non seulement dans la justice individuelle, mais aussi dans l'impact sur la culture institutionnelle de l'industrie ».







