Un « non » catégorique. Près de 80 élèves de première d’un lycée immersif en basque à Bayonne ont choisi de rédiger leur épreuve de mathématiques en basque vendredi dernier. Beaucoup d’entre eux ont déclaré n’avoir aucune garantie que leurs copies seraient corrigées, s’affirmant dans une démarche de désobéissance. Lors d’une prise de parole publique à la fin de l’épreuve, ils ont expliqué leur choix, devant parents et élus, affirmant vouloir « continuer à se battre pour passer leur bac intégralement en basque ».
Dans une vidéo relayée par la radio Euskal Irratiak, ils ont affirmé avoir écrit leur devoir dans la langue régionale « qu'importe le prix à payer ».
Refus ministériel
Le ministre de l'Education nationale, Édouard Geffray, avait évoqué le 24 mai la possibilité, à partir du bac 2028, de passer certaines épreuves dans une langue régionale, mais a insisté sur le fait que les mathématiques ne seraient pas incluses dans ce dispositif. « Je ne souhaite pas qu’ils composent en basque », a réaffirmé Geffray lors d’une récente interview.
Un tiers des élèves étudie le basque
Le ministère dénombre environ 3 500 élèves en enseignement immersif dans le secondaire en France, dont près de la moitié, soit 1 200 collégiens et 500 lycéens, dans des établissements de la fédération Seaska. Antton Etcheverry, de Seaska, a déclaré à l’AFP que : « Les déclarations du ministre ont semé le doute, mais il reste à voir si les copies en basque seront même prises en compte lors des corrections. Si elles ne le sont pas, nous réagirons et déclencherons de nouvelles mobilisations. »
Depuis de nombreuses années, les défenseurs de la langue basque militent pour que les élèves puissent passer leurs examens dans leur langue d'apprentissage. Dans le Pays basque, environ 4 400 élèves suivent des cursus immersifs, soit 9 % de l’ensemble des élèves de la région, et près d’un tiers des élèves étudient la langue basque dans des filières bilingues ou immersives, tant dans le public que le privé.







