Ce mercredi, la cour d’assises de Liège en Belgique a débuté le procès d'un homme de 71 ans, accusé de meurtre. En janvier 2020, le châtelain avait abattu un jeune cambrioleur de 21 ans durant une tentative de vol dans son domicile. Les faits se sont produits dans la nuit du 8 janvier, à Ferrières, lorsque l'ancien informaticien, surpris par des bruits suspects qu'il attribuait d'abord à des souris, a surpris trois cambrioleurs en train d'escalader la façade de sa ferme-château.
Pour protéger son bien, il a saisi son fusil de chasse et tiré dans la direction des ombres. Un des cambrioleurs, touché à la tête et au cou, parvint à fuir avant de s'effondrer quelques mètres plus loin. Malheureusement, le jeune homme est décédé d'une hémorragie interne. Près de six ans plus tard, le châtelain se retrouve face à la justice pour un acte qui soulève de nombreuses questions sur la légitime défense.
Lors de l'audience, l’accusé a insisté sur le fait qu'il avait seulement voulu "faire peur" aux intrus. Il a tiré trois balles en direction du sol, plaidant la maladresse et l'accident. Son avocate souligne une histoire de cambriolages antérieurs, ce qui aurait pu motiver son comportement. "Face à un danger, bien des gens peuvent réagir par instinct", a-t-elle déclaré.
Malgré cette défense, les enquêteurs n'ont pas retenu la thèse de la légitime défense et l'homme a finalement été inculpé de meurtre. De spécialistes en criminologie, comme le professeur Jean-Pierre Lemaire de l'Université de Liège, estiment que ce cas pourrait faire jurisprudence en matière de légitime défense, un concept qui provoque souvent des débats passionnés.
Cette situation met en lumière un dilemme croissant sur la nécessité de protection personnelle et les limites du recours à la force, surtout dans un contexte où la délinquance semble s'accroître. Comme le souligne Sudinfo, ce procès pourrait poser de nombreuses questions sur la façon dont la loi aborde la défense des biens et de la vie.







