La somnophilie, un sujet encore tabou, refait surface avec une enquête menée par le journaliste québécois Hugo Meunier et la réalisatrice Cloé Giroux. Leurs recherches, intitulées 100 hommes prêts à coucher avec une femme endormie, ont été inspirées par l'affaire Dominique Pelicot, qui a secoué la France et au-delà, mettant en lumière des comportements inacceptables liés à la sexualité.
Dans une démarche provocatrice, Meunier a publié une annonce sur la plateforme Jaff, qui facilite les rencontres sexuels. Son message, sans détour, évoque un "fantasme assez précis" où il demande littéralement à des inconnus de "venir baiser ma femme endormie, chut, elle ne doit pas se réveiller". Ce qui a suivi a choqué autant qu'interpelé : en seulement deux jours, 105 hommes ont répondu positivement à cette invitation, dont seulement une poignée s'est interrogée sur le consentement de la femme concernée.
Bernard Garcia, sociologue à l’Université de Montréal, observe : "Ce phénomène souligne une problématique plus vaste sur la perception de la sexualité masculine à l'ère moderne. À quel moment le fantasme se transforme-t-il en violence psychologique ?" Il est vital d'explorer ces dimensions pour comprendre comment la culture actuelle peut engendrer des comportements problématiques.
Au-delà de l'engagement des participants, l'annonce a suscité des réactions surprenantes. Hugo Meunier avait imposé des conditions précises aux candidats, incluant la nécessité de ne pas réveiller la femme endormie, un détail glaçant qui rappelle des normes de comportement complètement erronées. En parallèle, Cloé Giroux déclare : "Les jeunes filles sont souvent éduquées à faire preuve de prudence, mais qu’en est-il de l'éducation des garçons, leur responsabilité quant au respect ?"
Mais ce n'est pas tout. Les séquelles de l’affaire Pelicot continuent d’influencer le public, provoquant une inquiétude croissante autour de la normalisation de telles fantasmes dans la société. Après un signalement, l’annonce a finalement été supprimée par Jaff, mais la question persiste : jusqu’où certains seraient-ils prêts à aller pour satisfaire leurs désirs ?
Les experts conviennent qu'il est essentiel d'initier un débat sur les notions de consentement, de respect et les limites que chacun d'entre nous doit établir. Alors que des voix s'élèvent pour réclamer une éducation plus rigoureuse sur ces sujets, il est urgent de clarifier la distinction entre fantasme et réalité, pour que de tels actes ne soient jamais banalisés.







