Le monde culturel de La Rochelle est secoué par le cas d'Axel Landy, directeur artistique du théâtre L'Horizon et du festival L'Horizon fait le mur. Ce dernier a été mis en examen pour viol et pour des actes de harcèlement sexuel, révélations faites par le quotidien Sud-Ouest.
Cette affaire, qui dévoile des accusations venant de plusieurs années, a forcé le théâtre à suspendre ses activités. Selon le procureur de la République, Arnaud Laraize, sept femmes ont porté plainte, dont l'une pour viol, un délit majeur qui pourrait conduire à une cour d'assises.
Le collectif formé par ces victimes dénonce un schéma récurrent. Landy aurait procédé en cotoyant des artistes et des stagiaires pour agresser plusieurs femmes. Son avocat, Maître Grégory Doranges, souligne la méthode calculée qui implique notamment le vol et la diffusion de photos intimes via de faux comptes sur les réseaux sociaux. "Il y a un aspect méticuleux dans ces actes", affirme-t-il, témoignant de la prévoyance du mis en cause.
Des plaintes qui remontent à plusieurs années
Il est à noter que deux étudiantes de l’université de La Rochelle avaient déjà signalé des abus en 2017 lors d’un stage au sein du théâtre L'Horizon, poussant l'université à mettre fin à tout engagement avec Landy.
La période couverte par l'enquête va de 2017 à la fin d'année 2025, mais de nouvelles plaignantes ont récemment surgi, évoquant des incidents remontant jusqu’à 2009. Comme l’exprime Me Doranges, la solidarité entre les victimes a permis de mieux structurer le dossier et d'obtenir des témoignages croisés, renforçant ainsi la crédibilité de leurs accusations.
Les conséquences de cette affaire s'étendent au-delà des individus. La structure du théâtre, déjà affaiblie, a dû annoncer la cessation de ses activités. Les collectivités locales ont immédiatement bloqué les subventions à la suite de l'annonce judiciaire, plongeant la compagnie dans une situation financière critique. Dans un communiqué, les responsables ont déclaré se sentir dans l'impossibilité de poursuivre leurs activités avec les dettes accumulées.
"La cessation des activités n'a pourtant pas de lien direct avec l'affaire judiciaire", ont précisé les dirigeants, tout en reconnaissant que la situation financière était déjà préoccupante après une annulation de festival en 2023.







