Face à l'assaut israélo-américain, "nous ne céderons pas", déclare Moussa Norouzi, un retraité de 57 ans, lors des funérailles du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, tué par une frappe israélienne. Mercredi, plusieurs milliers d'Iraniens se sont réunis à Téhéran pour rendre hommage à ce militaire, dans le cadre du 47ème anniversaire de la République islamique, née le 1er avril 1979 après la Révolution ayant destitué le dernier chah, Mohammad Reza Pahlavi.
Le dévoilement d'un immense drapeau iranien sur la place Enghelab, au cœur de la capitale, témoigne de l'unité des partisans du régime dans ce contexte de guerre, qui touche le Moyen-Orient depuis plus de 33 jours. "Nous avons résisté pendant huit ans lors de la guerre avec l'Irak, et nous continuerons à le faire", insiste Norouzi.
Des slogans résonnent dans la foule. Un homme, étreint par une femme en deuil, pleure, tandis que d'autres brandissent des pancartes affichant des photos de leurs proches décédés au cours de ce conflit. "Vengeance!", clame un enfant en anglais, alors qu'une femme qualifie le président américain de "tueur d'enfants". Mohammad Saleh Momeni, un fonctionnaire de 34 ans, assure : "Cette nation soutient son dirigeant, peu importe les provocations de ces ennemis."
Le cortège funèbre peine à faire son chemin. Le commandant Alireza Tangsiri, souvent cité comme l'architecte des opérations menées dans le détroit d'Ormuz, fut un des militaires les plus familiers au public iranien. En parallèle, Donald Trump a affirmé que Téhéran avait demandé un cessez-le-feu, une déclaration rejetée par la diplomatie iranienne.
"Le président américain ne fait que dire des absurdités", rétorque Momeni, alors qu'Homa Vosoogh, enseignante, ajoute : "Ses propos laissent même les Américains perplexes."
La signification de cette journée est accentuée par la pression croissante sur les autorités iraniennes, alors que les frappes américaines et israéliennes visent à affaiblir le pouvoir en place. Le régime, bien que fragilisé par des manifestations survenues plus tôt dans l'année, conserve son arsenal militaire, capable de réagir face aux menaces extérieures.
Pourtant, malgré le climat de tension, certains Iraniens guettent un potentiel changement politique. Tout en restant prudente, une Téhéranaise confie ne plus s'attendre à un renversement du pouvoir, mais souhaite davantage de libertés dans le quotidien : "S'ils pouvaient nous laisser davantage de libertés, nous pourrions nous en accommoder." Ce témoignage, exprimé sous le sceau de l'anonymat pour des raisons de sécurité, reflète une partie des espoirs et désillusions de la population face à un avenir incertain.







