À quelques heures de leur retour sur Terre, les quatre astronautes de la mission Artémis II s'apprêtent à franchir la dernière étape d'une odyssée mémorable. Après avoir survolé la Lune, ils doivent amerrir ce vendredi soir au large de la Californie, une phase cruciale pour la NASA.
« Nous pourrons célébrer une fois que l'équipage sera en sécurité sur le navire de récupération », a déclaré Amit Kshatriya, administrateur adjoint de la NASA, lors d'une conférence de presse organisée cette semaine. Les émotions ne seront pleinement exprimées qu'à ce moment-là, une fois le succès concret et palpable.
Après un voyage qui les a conduits à plus de 406 000 km de la Terre, les astronautes Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman et le Canadien Jeremy Hansen se préparent à toucher le sol vers 17H07 heure locale (00:07 GMT samedi). Le retour sera la conclusion d'une mission de dix jours réalisée sans accrocs.
La réussite de cette opération repose sur la capacité du bouclier thermique de la capsule Orion à supporter les 2 700 °C générés lors de la traversée atmosphérique. Ce moment sera particulièrement marquant, comme l'a mentionné Victor Glover, qui a exprimé son anticipation depuis sa sélection en 2023.
Bien que l'amerrissage soit toujours une manœuvre délicate, les enjeux s'exacerbent pour cette première mission habitée d'Orion. Un incident avait été signalé lors des tests à vide en 2022, où le bouclier thermique avait présenté une défaillance inattendue. Malgré cela, la NASA a opté pour le même bouclier, en modifiant la trajectoire pour une entrée dans l'atmosphère plus directe afin de minimiser les risques de détérioration.
Cette décision a suscité de vives discussions au sein de l'agence, ce qui se reflète dans les paroles de Jared Isaacman, le directeur de la NASA : « Je ne pourrai pas m’empêcher d’y penser tant qu’ils ne seront pas en sécurité dans l’eau ». Son adjoint a également exprimé des préoccupations, même s'il maintient qu'il n'y a pas de crainte rationnelle.
Les responsables assurent avoir effectué de nombreux tests et simulations, assurant ainsi une confiance dans leur préparation. Lors des 13 minutes cruciales qui suivront leur entrée dans l'atmosphère — dont six minutes sans contact radio avec l'équipage — chacun retiendra son souffle.
Les familles des astronautes seront présentes au centre de la NASA à Houston pour vivre cet instant fort. Artémis II n'est pas seulement une mission d'exploration, mais également une étape cruciale permettant à la NASA de préparer le prochain alunissage, prévu en 2028. Ce projet, qui a reçu des attentes considérables, doit également concurrencer les ambitions de la Chine, qui vise une présence lunaire d’ici 2030.
Cependant, des retards supplémentaires sont à prévoir, notamment en ce qui concerne le développement des modules d’alunissage par des entreprises dirigées par Elon Musk et Jeff Bezos. Entretemps, cette première mission habitée, fruit d'un programme milliardaire, vise à raviver les passions pour l'espace aux États-Unis. Le commandant Reid Wiseman a souligné que ce moment pourrait offrir une pause significative au monde, ajoutant une dimension humaine à cette quête spatiale.







