Luc Dini, ingénieur aéronautique et président de la commission Sigma 2, s'exprime sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN) et les mystères qui les entourent.
Les documents récemment publiés par le Pentagone, loin d'être négligeables, offrent des pistes fascinantes. Ils incluent des survols d'installations américaines sensibles comme Oak Ridge et des rapports de la CIA sur des observations réalisées sur des bases d'essai soviétiques. Avec son expérience dans le secteur aéronautique et militaire, Dini souligne que ces détails ajoutent une certaine cohérence aux événements observés.
Néanmoins, l’analyse technique des images et vidéos demeure complexe. "Il est ardu d’interpréter ces documents sans données complémentaires, tels que des enregistrements radar et des paramètres d’observation", explique-t-il."L'absence de ces éléments empêche une identification précise."
Quant à la divulgation partielle des informations, Dini évoque la nécessité pour les États de conserver leurs capacités de renseignement secrètes. Les vidéos dévoilées ne comportent souvent pas les détails requis pour une évaluation complète, et une stratégie de communication progressive pourrait en être la raison.
Depuis 2017, les états se reposent principalement sur des témoignages et courtes vidéos, laissant entrevoir un gouffre entre ces informations et la multitude de données non publiées. "Dans le cas du Nimitz, des témoignages signifient qu'il y a plus d'informations disponibles qui n'ont pas été partagées", ajoute-t-il.
En regardant du côté français, Dini note une approche plus transparente en ce qui concerne les PAN. Cette démarche, en place depuis les années 1950, s'est accentuée avec les travaux du Gépans et du Geipan, qui investiguent sérieusement les témoignages, mais qui doivent encore composer avec le manque de données physiques.
Profitant de l’expertise de nombreux spécialistes, la commission Sigma 2 se concentre sur l'analyse de cas qui ont laissé des traces. "Historiquement, nous constatons qu'environ 4 % des cas restent inexpliqués après une étude approfondie, mais ce qui compte, c'est la qualité des données recueillies", affirme Dini. Certaines observations, comme celle de Trans-en-Provence en 1981, ont mis en évidence des modifications biologiques, ajoutant du poids à la démarche scientifique.
Dini conclut en soulignant que la nature de certains phénomènes demeure mystérieuse, tout en confirmant que certaines particularités observées ne s'apparentent pas aux technologies connues de notre époque. "Ce dernier point mérite d'être exploré", insiste-t-il.







