La situation devient alarmante pour les communautés immigrées aux États-Unis, confrontées à une recrudescence inquiétante d'incidents liés à des personnes se faisant passer pour des agents de l'immigration. Selon une enquête récente publiée par Noticias Telemundo, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche semble avoir coïncidé avec une forte hausse de ces activités criminelles.
Basée sur des documents judiciaires et des rapports de police, l'enquête révèle, par exemple, qu'en 2025, au moins 31 cas ont été rapportés, comparé à une moyenne annuelle de seulement 5,3 incidents au cours des dix années précédentes. Ce phénomène est amplifié par le fait que 84 % des incidents en 2025 impliquent des individus se présentant comme des agents de l'ICE, l'agence fédérale chargée du contrôle de l'immigration.
Des actes violents en augmentation
Les statistiques sont troublantes : alors qu'il y avait environ 23 % de cas liés à des violences physiques entre 2014 et 2024, ce chiffre a grimpé à 38 % en 2025, engendrant des actes aussi graves que des vol à main armée et des agressions sexuelles. Un Mexicain, devenu victime d'une telle agression à Greensboro, en Caroline du Nord, raconte avoir été attaqué par des hommes armés prétendant appartenir à l'ICE. « Ce n'était pas l'ICE, c'était un vol », témoigne-t-il, signalant qu'un autre occupant a dû recevoir plus de dix points de suture après avoir été frappé.
L’enquête signale également plusieurs cas d’agressions sexuelles par de faux agents, notamment dans des États comme New York et la Caroline du Nord. Des alertes avaient déjà été émises par le FBI sur cette problématique, soulignant que des criminels profitent de la visibilité accrue de l'ICE pour cibler des populations vulnérables.
Une peur hindérante parmi les sans-papiers
Pour de nombreuses associations, la mythologie de la peur est amplifiée : de nombreux immigrés sans papiers hésitent à contacter les forces de l’ordre, craignant d’être arrêtés. Larry Krasner, procureur de Philadelphie, souligne que « les victimes ne veulent pas appeler la police parce qu'elles ont peur », aggravant la sécurité publique.
Le débat s'intensifie également autour de l'utilisation de masques par certains agents de l'ICE. Bien que l'agence affirme que cette pratique vise à protéger l'identité des agents, des critiques, telles que Naureen Shah de l'American Civil Liberties Union (ACLU), arguent que cela complique encore davantage la distinction entre agents légitimes et imposteurs. « Nous n’avons jamais connu dans ce pays des agents masqués à une telle échelle », dit-elle.
Cette situation permanente de peur et d'incertitude au sein des communautés immigrées appelle à une réflexion urgente sur les mesures de sécurité et de protection à mettre en place.







