D’ici fin 2026, chaque Européen pourra bénéficier d'un portefeuille d’identité numérique, reconnu à l'échelle de l'Union. Ce nouvel outil, conçu pour faciliter les démarches et sécuriser les échanges, entre dans une phase cruciale avec le lancement d’une consultation publique sur sa certification.
Ce mois-ci, la construction de l’identité numérique européenne a franchi une étape significative. L’Agence de l’Union Européenne pour la Cybersécurité (ENISA) a annoncé l’ouverture d’une consultation publique dédiée à la certification des futurs portefeuilles d’identité numérique en Europe. Le but est de définir des exigences techniques fondamentales qui garantiront sécurité et confiance, en prévision de son déploiement généralisé d'ici la fin de cette année.
Bâtir une infrastructure commune pour tous les pays membres
Cette consultation fait partie d’un règlement européen qui oblige chaque État membre à proposer au moins un portefeuille d’identité numérique certifié, qu’il soit public ou privé. L’objectif est clair : établir une infrastructure homogène permettant aux citoyens, résidents et entreprises de s’identifier et d’échanger des données vérifiées sur l’ensemble du marché européen.
Le portefeuille européen d’identité numérique, ou PEIN (EU Digital Identity Wallet), sera une application sécurisée regroupant différents éléments d’identité. Contrairement à une simple carte d’identité dématérialisée, cet outil facilitera l’authentification en ligne, le stockage de documents numériques, ainsi que la signature électronique, le tout avec une valeur légale reconnue.
Un outil contre les usurpations d’identité
Un des principes essentiels de ce système est le partage sélectif des données. L'utilisateur pourra communiquer uniquement les informations nécessaires pour réaliser une démarche, comme prouver sa majorité sans exposer sa date de naissance complète. Cette approche vise à réduire la circulation indue de données personnelles tout en renforçant la sécurité des échanges, limitant ainsi les usurpations d'identité et les cyberattaques, selon les experts de Cybersecurity Journal.
Les possibilités d’utilisation sont variées : accès aux services publics, ouverture de comptes bancaires, signature de contrats, présentation de diplômes, et bien plus encore. Le portefeuille sera opérationnel tant en ligne qu’hors ligne, garantissant sa reconnaissance dans tous les États membres. La consultation menée par l'ENISA vise à unifier les exigences de sécurité à l’échelle européenne, condition sine qua non pour instaurer confiance et interopérabilité entre les systèmes.
Un élan pour la France
En France, des avancées notables ont déjà été réalisées en matière d’identité numérique. L'application France Identité, déployée depuis deux ans, est un exemple de l'utilisation des outils numériques pour les citoyens. Elle a dépassé 4 millions d’utilisateurs fin mars et offre des fonctionnalités variées telles qu’un accès simplifié aux services publics, la dématérialisation de documents officiels et une transmission sécurisée de justificatifs.
Le ministère de l’Intérieur indique que cette adoption est progressive, soutenue par des cas d'usage concrets, permettant des démarches délicates comme la procuration de vote en ligne ou la présentation de documents numériques lors de contrôles. France Identité s’inscrit ainsi dans une logique de simplification de la vie quotidienne tout en préservant une sécurité renforcée.
Les documents physiques restent en vigueur
Néanmoins, le portefeuille numérique n’a pas vocation à remplacer les documents physiques. Les cartes d’identité, permis de conduire et autres titres continueront d’exister. L’approche numérique vise plutôt à compléter ces outils, facilitant les démarches dans un contexte transfrontalier. Cependant, les États doivent aussi être vigilants afin de ne pas laisser en marge des citoyens moins à l’aise avec ces technologies.
Il reste à résoudre l'équation complexe de la sécurité élevée, de la protection de la vie privée et de l'acceptation par le grand public. Cette consultation publique est une étape clé avant la mise en place concrète d’un dispositif susceptible de transformer en profondeur la manière dont les Européens prouvent leur identité.







