Entre paix et tyrannie : les défis de l'Iran face à Trump et Ormuz

Les destins des Juifs et des Iraniens se croisent face à un ennemi commun : la tyrannie iranienne.
Entre paix et tyrannie : les défis de l'Iran face à Trump et Ormuz
Le président du Parlement iranien Mohammad Ghalibaf (à gauche) et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif (à droite), Islamabad, 11 avril 2026 © AP/SIPA

Richard Prasquier souligne un point commun entre Juifs et Iraniens : un ennemi partagé, la tyrannie iranienne.

La fête de Pessah, récemment célébrée, évoque des symboles puissants, comme le contraste entre la matza et le hametz, qui trouvent un écho dans un contexte géopolitique troublé. Pensées pour le peuple israélien, souvent en proie à des alertes à la sécurité ; mais également pour le peuple iranien, écrasé par un régime oppressif dont le sort semble rappeler l’oppression subie par les Hébreux sous le règne de Pharaon.

« L’an prochain à Jérusalem », proclame le rituel de Pessah. La première Alyah après celle de Moïse fut celle d’un groupe juif exilé après la prise de Jérusalem, une émigration facilitée par le roi perse Cyrus en 538 av. J.-C. Ce retour est un moment clé dans l’histoire, illustrant les liens anciens entre ces peuples.

Historien et researcher, Chai Secunda, met en lumière le Talmud de Babylone, qui a vu le jour dans un environnement iranien, révélant les connections profondes entre les deux cultures.

Exils : les populations en quête de liberté

Les temps modernes ne sont pas exempts de défis pour les Juifs, notamment à travers des épisodes tragiques comme les pogroms. En revanche, en 1979, l'Iran abritait encore une communauté juive de près de 100 000 personnes. Les événements ont radicalement changé avec l’arrivée au pouvoir de Khomeini, effaçant ainsi des siècles de relations cordiales avec Israël.

Pour les Juifs de la diaspora, l’avenir semble incertain, tout comme pour les Iraniens dont l'exil représente une grande tragédie : certains fuient, tandis que d'autres subissent une oppression interne. Le régime iranien continue à se maintenir grâce à un soutien restreint, usant de sa propagande pour orchestrer l’illusion d’un consensus populaire.

Le massacre de manifestants iraniens, dont le nombre est estimé aujourd’hui entre 40 000 et 60 000, n’a suscité que peu de réactions internationales. Cette indifférence souligne le sentiment de solitude des Iraniens, qui partagent une histoire marquée par la persécution. Un manifestant à Téhéran évoquait son impasse : « Je suis mort depuis 47 ans ! », rappelant les sentiments des révoltés du ghetto de Varsovie.

Mojtaba Khamenei, Téhéran 2019
Mojtaba Khamenei, fils du Guide suprême iranien, photographié à Téhéran en mai 2019 © Vahid Salemi/AP/SIPA

Beaucoup pensaient qu’une intervention extérieure pourrait rapidement faire chavirer le régime. Or, un régime fondé sur la terreur sait mobiliser un noyau solide d'affidés pour écraser toute velléité de révolte. Les messages de soutien de Trump aux Iraniens, loin de galvaniser, pourraient avoir eu des conséquences dramatiques. Le changement de régime ne faisait pas partie de ses priorités lorsqu’il a effectivement engagé des actions militaires.

Trump : erratique ou tactique ?

Les dirigeants iraniens, bien plus expérimentés qu’on ne l’imagine, ont cultivé la répression et l’art de la guerre depuis plusieurs décennies. Ahmad Vahidi, chef des Gardiens de la Révolution, et Ghalibaf, souvent présenté comme modéré, ne sont pas les modérés qu’ils prétendent être. Leur vision est claire : promouvoir le chiisme et dominer l’islam, tout en manœuvrant habilement sur l’échiquier diplomatique.

Au cœur de ce manège, le détroit d’Ormuz s’est imposé comme une pièce maîtresse du puzzle géopolitique. Les comportements imprévisibles de Trump, oscillant entre menaces et promesses de dialogue, laissent perplexe. Pour beaucoup, la possibilité d’un compromis avec l’Iran semble compromise, alors que les préjugés et les menaces s'accumulent.

Les négociateurs américains doivent rester fermes ; la paix véritable ne peut être atteinte que par un changement de régime. Les Israéliens, à juste titre, rechignent à se compromettre, préférant garder leur indépendance face à une menace existentielle. Benjamin Netanyahu a toujours considéré l'Iran comme l'ennemi ultime, et il sait que la sécurité d’Israël en dépend. Le partenariat fort entre Tsahal et l’armée américaine a déjà infligé des coups durs au potentiel militaire iranien, mais la résilience des Gardiens de la Révolution demeure préoccupante.

Le peuple israélien et le peuple iranien partagent donc un même objectif : faire chuter le régime tyrannique en place à Téhéran. Cet objectif devrait être celui de tout pays affirmant défendre les valeurs de liberté et de justice.

Retrouvez la chronique de Richard Prasquier sur Radio J.

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