La tournée historique du pape Léon XIV en Algérie, tout juste commencée, a été bouleversée par des remarques acerbes de Donald Trump. En pleine polarisation internationale liée aux conflits au Moyen-Orient, le souverain pontife a affirmé, en partant de Rome, qu'il ne craignait pas l'administration américaine et qu'il ne souhaitait pas engager de débat avec Trump.
Dans une série de déclarations, Trump a exprimé son désaccord avec les positions du pape, allant jusqu’à le qualifier de « faible », et a reproché au Vatican plusieurs de ses prises de position, notamment sur l'Iran et le Venezuela. Malgré ces tensions, le pontife a maintenu son discours pacifiste, indiquant que l'Église a un devoir moral de s'opposer à la guerre.
Alors qu'il s'apprêtait à entrer en Algérie, il a souligné l'importance de la paix, déclarant : « Je n'ai pas peur, ni de l'administration Trump, ni de m'exprimer haut et fort sur le message de l'Evangile. » Ce message a été accueilli positivement, même par des figures de l'opposition, notamment la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a défendu le droit du pape à prôner la paix.
Le soutien au pape ne s'est pas limité à l'Italie. Des évêques des États-Unis et même des dirigeants de pays comme l'Iran ont exprimé leur solidarité à Léon XIV, condamnant les attaques lancées par Trump.
Dans un cadre solennel, Léon XIV a été accueilli avec tous les honneurs à Alger. Son premier acte symbolique a été de déposer une gerbe au monument des martyrs, rendant hommage à ceux qui ont perdu la vie durant la lutte pour l'indépendance contre la France. Au cours de cet événement, il a évoqué la réconciliation comme clé de la paix, insistant sur l'importance du pardon.
En présence des autorités algériennes et du corps diplomatique, il a appelé les dirigeants à favoriser une société civile dynamique et libre, un point de vue renforcé par le retour à un contrôle accru de l'espace public observé depuis le mouvement Hirak en 2019, selon plusieurs ONG.
Au cours de sa visite, le pape s'est également rendu à la Grande Mosquée, la plus haute au monde, avant de faire une halte à la basilique Notre-Dame d'Afrique, une institution symbolique pour la communauté chrétienne de ce pays majoritairement musulman. Il a rappelé que l'unité entre chrétiens et musulmans est essentielle dans la construction d'une paix durable.
Cette visite s'inscrit dans une tournée plus large à travers l'Afrique, qui inclura des étapes au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale, consolidant ainsi le rôle du pape en tant que figure de proue de la paix mondiale. Malgré une forte sécurité et des protocoles stricts, la détermination de Léon XIV de rencontrer le peuple algérien reste intacte, et il se rendra mardi à Annaba, l'ancienne Hippone, en l'honneur de Saint Augustin, emblème de son pontificat.







