Le ministre des Finances, Romuald Wadagni, a été élu président du Bénin avec un impressionnant 94,05% des voix, selon les résultats provisoires publiés le 14 avril par la Commission électorale nationale indépendante (Cena). Son prédécesseur, Patrice Talon, a dirigé le pays pendant dix ans, marqués à la fois par un boom économique et une recrudescence de la violence jihadiste, sans oublier un durcissement des libertés publiques.
La participation électorale a atteint 58,75%, avec l'unique challenger de Wadagni, Paul Hounkpè, recueillant 5,95% des suffrages. Hounkpè a immédiatement reconnu sa défaite, tandis que le principal parti d'opposition, Les Démocrates, était absent de ce scrutin en raison d'un manque de parrainages.
"Le droit de vote a pu s'exercer en toute sérénité sur chaque centimètre carré de notre territoire", a affirmé Sacca Lafia, président de la Cena, lors de l'annonce des résultats. Cependant, une plateforme de surveillance électorale a signalé des incidents, dont des urnes constatées remplies avant même l'ouverture des bureaux de vote.
Une proximité avec la France qu'il entend faire perdurer
Wadagni prend les rênes d'un pays qui a connu de profondes transformations économiques sous l'administration de Talon. Le nouveau président a axé sa campagne sur la lutte contre la pauvreté, qui touche environ 30% de la population selon des estimations. Bien qu'il ait exprimé sa volonté de maintenir des relations étroites avec la France, il envisage également de renouer le dialogue avec le Niger, où la junte au pouvoir entretient des tensions ouvertes avec le Bénin.
Des experts estiment que la présidence de Wadagni pourrait entraîner la continuité des politiques économiques de son prédécesseur tout en cherchant à atténuer les tensions sécuritaires. Laissant entendre qu’une approche équilibrée entre développement économique et respect des droits des citoyens pourrait être la clé de son mandat futur.







