Un nouveau chapitre judiciaire se dessine pour le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. Lundi dernier, la justice a annoncé l'inculpation de son épouse, Bégona Gomez, à l’issue de deux ans d’enquête. Cette décision, rendue le 11 avril, émane du juge Juan Carlos Peinado, évoquant plusieurs chefs d'accusation, tels que détournement de fonds, trafic d'influence, corruption et appropriation illicite.
L’enquête, initiée en avril 2024, vise à déterminer si Bégona Gomez a abusé de sa position pour tirer des bénéfices personnels. Les investigations se concentrent sur la création d'une chaire à l'université Complutense de Madrid, dont elle était codirectrice, ainsi que sur l'utilisation présumée de ressources publiques à des fins personnelles. Le juge affirme avoir compilé suffisamment d'éléments pour considérer que « la chaire a été un outil pour un avancement professionnel personnel pour la personne sous enquête ».
Bégona Gomez reste ferme dans son déni
Âgée de 55 ans et actuellement en Chine avec son époux, Bégona Gomez a toujours nié les accusations. Pedro Sanchez a quant à lui dénoncé une manœuvre de déstabilisation orchestrée par la droite espagnole, alors que l’opposition exige sa démission dans un contexte déjà fragile pour son gouvernement de coalition.
Cette affaire s’inscrit dans une série d'enquêtes visant l'entourage du chef du gouvernement. Elle fait suite à une plainte émise par un groupe anticorruption affilié à l’extrême droite. De plus, son frère David Sánchez est sous enquête pour trafic d’influence, tandis que son ancien ministre des Transports, Jose Luis Abalos, a été entendu début avril dans le cadre d'une affaire de pots-de-vin liés à des contrats publics.
Comme le souligne le quotidien El País, cette situation pourrait avoir des répercussions significatives sur la stabilité politique de Pedro Sanchez, alors que son gouvernement doit déjà composer avec des défis importants.







