Le président américain a décidé de retirer une image qui le représentait en figure christique sur son réseau Truth Social, suite à des réactions vives de la droite religieuse. Dans une déclaration faite le 13 avril, il a précisé qu'il s'agissait en réalité d'une image de lui en médecin, une justification qui n'a pas apaisé les tensions.
"Ce n'était pas une représentation. C'était moi. Je l'ai bien publiée, et je pensais que c'était moi", a déclaré le président. L'illustration, créée par intelligence artificielle, le montre drapé d'une toge, semblable à celle de Jésus, tout en posant sa main sur le front d'un homme alité entouré de symboles patriotiques américains.
En adoptant des codes issus de la peinture chrétienne, l'image a suscité une onde de choc parmi certains leaders de la droite chrétienne, qui l'ont qualifiée de "blasphème". Marjorie Taylor Greene, ex-élue et proche de Trump, a exprimé son indignation sur les réseaux sociaux, qualifiant cette image d’"esprit antéchrist".
Déplorant les tensions, elle a également noté l’enchaînement des événements : "Trump s'en est pris au pape à cause de ses critiques sur la guerre en Iran, puis il a publié une photo de lui-même se substituant à Jésus". Les voix dissidentes parmi les conservateurs se sont multipliées, certains allant jusqu'à demander le retrait immédiat de l'image.
Il est intéressant de noter que Trump n’en est pas à sa première provocation vis-à-vis de la religion. En mai, il avait déjà publié un portrait le représentant en tenue papale avant le conclave ayant élu le pape Léon XIV.
Matthew Taylor, chercheur à l'université Georgetown, souligne qu'après l'épisode de sa tentative d'assassinat en 2024, Trump a accentué son discours religieux pour maintenir le soutien des chrétiens évangéliques. Toutefois, cet incident pourrait éroder cette base fidèle : "Les critiques sur la guerre en Iran et la publication de cette image pourraient creuser encore davantage des divergences au sein de son électorat religieux", avertit Taylor.
D'autres experts, comme Kristin du Mez de l'université Calvin, se montrent plus tempérés, indiquant que malgré une certaine distance prise par des soutiens religieux face à cette polémique, il n'existe pas d'indication de désengagement massif envers Trump à quelques mois des élections de mi-mandat.
Dans un contexte déjà tendu entre Trump et le Vatican, le vice-président JD Vance a ajouté une couche de tension en conseillant au pape de se concentrer sur des questions morales, tout en s'interrogeant sur le rôle du Saint-Siège dans la politique publique américaine. En réponse, le pape a affirmé qu'il n’a pas peur de s'exprimer sur les messages évangéliques.







