Lors de son passage au « 20 Heures » le 15 avril, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a abordé les inquiétudes des Français face à la hausse des prix du carburant. Il a fait part de ses propositions pour soulager le pouvoir d'achat des automobilistes, affirmant qu'il est temps d'agir en faveur de ceux qui dépendent de leur véhicule.
Léa Salamé : Le gouvernement envisage de plafonner les marges des stations-service. Qu'en pensez-vous ?
Jordan Bardella : C'est une mesure peu convaincante. Cela ne résoudra pas les problèmes financiers auxquels font face les automobilistes, notamment ceux qui utilisent leur véhicule pour travailler. Des millions de Français, y compris des infirmières libérales et des routiers, se voient contraints de restreindre leurs déplacements.
Il est impératif de réduire les taxes sur le carburant. Les 55 % de taxes qui s'appliquent ne sont pas uniquement dues à la montée du prix de la matière première. Comparons-nous à nos voisins européens : des pays comme l'Espagne, le Portugal ou l'Italie ont tous baissé certaines taxes. Je demande donc une réduction de la TVA sur le carburant, de 20 % à 5,5 %, et une diminution de la TICPE. Cela représenterait 16 centimes d'économie par litre, redonnant ainsi 25 centimes de pouvoir d'achat par plein.
La question est : quel en serait le coût ? Si ces mesures étaient mises en œuvre pendant un an, cela coûterait environ 12 milliards d'euros. Mais dans un budget de dépenses publiques de 1 600 milliards d'euros, ce montant représente seulement 1 %. Alors pourquoi ce n'est pas faisable ?
En effet, des pays européens le font déjà, démontrant ainsi qu'il est possible de réduire la fiscalité pour alléger les frais des ménages. Synthétiquement, cela donnerait bon an mal an 25 euros de pouvoir d'achat par plein d’essence.
Des voix s'élèvent en France, comme celles de Laurent Wauquiez, pour affirmer qu'une baisse de 15 milliards d'euros est une folie économique. Mais chaque jour, nous demandons aux Français de se restreindre financièrement. Il est paradoxal de faire croire que l'État ne peut pas réaliser des économies, même minimes, sur des charges qui augmentent constamment, comme celles liées à l'immigration ou au coût des énergies renouvelables.
De nombreux Français s'interrogent sur l'utilisation de l'argent public. Plutôt que d'augmenter les taxes et de dépenser dans l’immatériel, pourquoi ne pas envisager de réduire certaines fiscalités ? Cela pourrait stimuler la consommation. J'accuse ce gouvernement de défaillances face à une détresse que vivent des millions de concitoyens.
Enfin, il est souvent dit que les aides non ciblées, comme une éventuelle baisse de TVA, profitent davantage aux plus riches. Mais le système actuel est déjà complexe et inefficace. Nous devrions plutôt simplifier le système en baissant directement les taxes. En effet, 55 % des prix à la pompe sont des taxes. En contournant cela par des aides, on ne résout rien.
Ce texte est un extrait de l'interview mentionnée. Visionnez l'intégralité sur la chaîne d'information.







