Le réalisateur Christophe Ruggia a été reconnu coupable en appel et condamné à cinq ans de prison, dont deux fermes sous surveillance électronique, pour avoir agressé sexuellement Adèle Haenel lorsqu'elle était mineure. Les répercussions de ce procès marquent un tournant dans la lutte contre les abus dans l'industrie du cinéma français.
Cette affaire, emblématique du mouvement #MeToo, a connu un dénouement important vendredi dernier, lorsqu'une cour d’appel à Paris a durci la peine initialement prononcée. En février 2025, Ruggia avait déjà été sanctionné à quatre ans de prison, dont deux sous bracelet électronique, mais la cour a décidé d'accentuer la gravité de la peine, dans un contexte où les violences sexuelles font l'objet d'une attention croissante.
Âgé de 61 ans, Ruggia a été condamné pour des agressions sur Haenel entre 2001 et 2004, lors de réunions hebdomadaires à son domicile, qui ont suivi le tournage du film Les Diables. Ce projet avait été la première expérience cinématographique de l'actrice. Les juges ont précisé que les abus ont profondément impacté l'état de santé mentale de la comédienne.
Des "faits d'une extrême gravité" selon la cour
Adèle Haenel, dans son témoignage, a décrit des caresses répétées et non consenties de la part de Ruggia, que la cour d’appel a reconnues comme indiscutables. Le climat de peur et de dépendance qui a pesé sur elle durant ces années a été pris en compte par les magistrats, qui ont noté que, face à un adulte très supérieur en âge, la jeune fille était incapable de s'en défendre.
Les juges ont qualifié ces faits de "d'une extrême gravité", relevant que la victime avait été rapidement piégée par cette relation déséquilibrée. Au-delà de la peine de prison, Ruggia devra également faire face à un sursis de trois ans, renforçant ainsi l'idée que la justice prend très au sérieux les crimes sexuels, notamment dans le milieu artistique.







