Lors de sa visite en Angola, le pape Léon XIV a fermement dénoncé l'exploitation des ressources naturelles, marquant ainsi le premier jour de son séjour par une critique acerbe de la situation sociale et environnementale du pays. Célébrant une grande messe en plein air et visitant un sanctuaire marial, il s'adresse à la jeunesse et aux fidèles locaux.
À son arrivée à Luanda, la capitale angolaise, le pape a évoqué les “souffrances” subies par le peuple en raison de la “logique d'exploitation” des richesses naturelles, comprenant du pétrole et des minerais. Ce message s'inscrit dans un registre plus affirmé qu'il a emprunté depuis le début de sa tournée africaine, succédant à sa dernière réaction à des critiques de Donald Trump.
Samedi, à bord de l'avion reliant Yaoundé au Cameroun à Luanda, il a exprimé ses regrets quant à l'interprétation de ses interventions précédentes, précisant que “débattre de nouveau” avec le président américain ne faisait pas partie de ses priorités.
Léon XIV devient ainsi le troisième pape à visiter l'Angola, après Jean-Paul II en 1992 et Benoît XVI en 2009, un pays qui a obtenu son indépendance du Portugal en 1975. Samedi, sa traversée en papamobile à travers la capitale a attiré des milliers de fidèles, créant une atmosphère festive en prévision de la grande messe prévue le dimanche matin au Kilamba, à une trentaine de kilomètres au sud de Luanda.
Dans l'après-midi, le souverain pontife se rendra par hélicoptère à Muxima, un site de pèlerinage emblématique du catholicisme en Afrique australe, qui se trouve à 130 kilomètres de la capitale.
Connu pour son église Notre-Dame de Muxima, le sanctuaire attire chaque année près de deux millions de pèlerins. Domingos das Neves, avocat et fervent catholique, a déclaré à l'AFP que ce lieu représente un point focal pour la dévotion à Notre-Dame de l'Immaculée Conception et est l'un des plus anciens sanctuaires marials d'Afrique subsaharienne.
Le gouverneur Auzilio de Oliviera Martins Jacob a annoncé que près de 300 000 fidèles sont attendus pour cette visite historique. L’église, édifiée en 1599 par les colonisateurs portugais, servait autrefois à baptiser les esclaves avant leur départ vers le Nouveau Monde.
En préparation, le gouvernement a lancé un vaste chantier de construction d'une basilique et de logements pour les pèlerins, projet qui, bien que prévu pour 2025, rencontre des retards sérieux, suscitant des critiques dans un pays où la richesse du sol contraste avec la pauvreté des habitants.
Actuellement, un tiers des Angolais vivent en dessous du seuil de pauvreté fixé par la Banque mondiale à 2,15 dollars par jour. Domingos das Neves souligne que le pape vient en Angola conscient des profondes inégalités et des enjeux de justice sociale, insistant sur le fait qu'il ne pourra éviter d'aborder ces questions brûlantes.
Récemment, l’Angola a vécu des manifestations massives qui ont illustré le mécontentement croissant de la population face au parti au pouvoir, le MPLA, qui a obtenu 51% des voix lors des dernières élections. Les prochaines élections sont prévues pour 2027. Ce climat socio-économique tendu fait de la visite de Léon XIV un événement significatif, tant spirituellement que sociopolitiquement.







