C'est un tournant technologique pour l'armée de terre française. Alors que l'Ukraine et l'Iran révèlent déjà l'impact radical des drones sur l'art de la guerre, la France s'achemine vers l'intégration de robots de combat à l'été 2027. Le général Pierre Schill, chef d'état-major des armées, a déclaré récemment, lors d'une conférence de presse à laquelle participait le quotidien Sud Ouest, qu'une unité de robots terrestres de combat sera opérationnelle dans les trois ans à venir.
Ce projet, piloté par l'Agence interministérielle pour l'intelligence artificielle de défense et le Commandement du combat futur, vise à créer une véritable brigade composée d'une vingtaine de robots terrestres et de quarante drones. Selon le général Schill, ces engins seront capables de recevoir et d'exécuter des ordres, tout comme une unité humaine, et pourront mener des missions variées de défense, d'attaque et de reconnaissance.
Des capacités d'armement avancées

Les robots de combat seront équipés de systèmes d'armement sophistiqués, y compris des missiles antichars et des dispositifs anti-aériens. Le général Schill a souligné que ces innovations technologiques signifient un changement majeur dans la tactique militaire française.
"À la fin, c'est dans le combat terrestre que s'inscrit la détermination des nations à l'emporter", a-t-il averti.
L'importance accrue des robots de combat est déjà illustrée par des événements en Ukraine, où des opérations conduites par des systèmes sans pilote ont permis d'accomplir plus de 22 000 missions, assurant la sécurité des soldats. De même, le ministre de la Défense ukrainien a récemment annoncé la commande de 25 000 robots terrestres d'ici 2026 pour renforcer la logistique au front.
Un défi à relever pour l'avenir
En France, les militaires doivent maintenant définir comment intégrer ces nouvelles technologies dans leur stratégie. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a évoqué l'idée de remplacer les chars Leclerc vieillissants par un modèle intermédiaire, tout en soulignant l'urgence d'embrasser cette nouvelle ère militaire.
La défiance face à ce saut technologique est palpable dans les rangs militaires. Selon le général Schill, "si on nous dit que la solution consiste à acheter 200 chars prévus pour 2035, nous raterons la marche vers l'avenir". Dans cette période de transformation rapide, il devient impératif d'innover pour ne pas se laisser distancer sur le terrain.
Alors que les retours d'expérience d'Ukraine sont pris en compte, le défi pour l'armée française sera de mener à bien cette transition vers une guerre de robots, tout en maintenant le lien humain qui reste crucial sur le champ de bataille.







