À partir du 1er mai, la Chine met en place une politique d'importation sans droits de douane pour 53 pays africains. Cette décision est accueillie avec enthousiasme par certains médias qui y voient une opportunité économique, tandis que d'autres s'interrogent sur les réelles motivations stratégiques de Pékin. Effectivement, cette initiative semble être une manœuvre destinée à solidifier les positions de la Chine contre l'influence américaine dans cette région d'importance géopolitique.
Cette initiative, qui durera jusqu'au 30 avril 2028, va considérablement faciliter les échanges commerciaux entre la Chine et ces pays, à l'exception de l'Eswatini, qui maintient des relations diplomatiques avec Taïwan. Depuis le 1er décembre 2024, la Chine avait déjà initié une suppression des droits de douane pour 33 pays africains considérés comme moins avancés. Selon les chiffres de l'Administration générale des douanes chinoises, les importations africaines ont déjà connu une hausse significative de 17,6 % pour atteindre 31,59 milliards de dollars dans le premier trimestre de 2026, comme le rapporte South China Morning Post.
Droits de douane à 0 %
Cette suppression des droits de douane a été annoncée en juin 2025, et le gouvernement chinois espère qu'elle favorisera le développement économique des nations africaines. Cette initiative a été largement saluée par les acteurs économiques du continent, avec des médias comme The East African déclarant :
“Alors que l'Occident ferme ses portes à l'Afrique, la Chine les ouvre grandes.”
Les pays concernés n'auront pas à faire preuve de réciprocité, ce qui renforce encore plus l'attractivité de l'offre chinoise. En revanche, la politique américaine semble moins favorable, avec l'expiration en septembre 2025 de la loi américaine Agoa, qui exemptait 32 pays africains de droits de douane, avant d'être reconduite péniblement en février dernier.
Parallèlement à cette facilité commerciale, la Chine développe ses routes maritimes et loue plusieurs ports africains, dans le cadre de son projet des nouvelles routes de la soie. Cela devrait considérablement renforcer les échanges, surtout dans des domaines tels que les biens de consommation et les infrastructures, comme le signale Business Insider Africa.
La Chine, seule véritable gagnante
Elargissant cette initiative, la Chine devient la première grande puissance économique à accorder un accès unilatéral sans droits de douane. Certes, cette stratégie bénéficie principalement à Pékin. Par exemple, elle lui permet de solidifier sa présence dans le secteur des investissements, notamment dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), une observance claire de sa volonté de maximiser son influence sur le continent, comme l’exprime The Monitor.
Dans un cadre plus large, cet accès serait une avenue pour séduire les économies africaines émergentes, assurant ainsi à la Chine une mainmise sur un marché en pleine expansion. Le premier trimestre 2026 a déjà révélé un marché d'exportation à forte croissance, affichant une augmentation de 32,1 % pour atteindre 60,66 milliards de dollars, souligne le South Morning China Post.
Tandis que les États-Unis et la Chine s'affrontent pour l'accès aux ressources minières stratégiques d'Afrique, cette manœuvre chinoise place le pays comme le principal interlocuteur dans ce secteur. Cependant, bien que la suppression des droits de douane soit perçue comme une opportunité pour le continent, le succès de cette initiative dépendra en grande partie de la capacité de l'Afrique à augmenter sa production et à diversifier ses exportations, un point soulevé par New Dawn Liberia.







