En 2025, le bilan tragique atteint plus de 900 migrants décédés sur cette route dangereuse, mais les espoirs d'un avenir meilleur poussent encore de nombreuses personnes à fuir leur pays.
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Au cœur du Grand Bara, dans le désert de Djibouti, des groupes de migrants avancent à pied, épuisés après des jours de marche sur des centaines de kilomètres. Venants d'Éthiopie, ces hommes fuient les conflits qui ravagent leur pays. "Nous avons décidé de partir, car la violence est devenue insupportable. Je n'avais d'autre choix que de quitter ma vie de cultivateur pour chercher un refuge ailleurs," confie Jemal Ibrahim Hassan.
Leur périple débute en Éthiopie, se poursuit à Djibouti, puis s'achemine vers le Yémen et d'autres nations du Golfe. Cette route migratoire empruntée par l'est africain est devenue de plus en plus populaire ces dernières années. Après avoir traversé le désert, les migrants doivent également franchir un bras de mer Rouge, de nombreux arrivant dans la région d'Obock.
Ils n'ont jamais été aussi nombreux
Sur les plages de Djibouti, les migrants cherchent des embarcations. Les passeurs, souvent peu scrupuleux, mettent ces personnes en danger. Les garde-côtes témoignent de nombreux naufrages tragiques. "Ils entassent les passagers à bord, certains au fond, d'autres au-dessus. C’est d'une complexité périlleuse," indique Ismael Hassan Dirieh, commandant du poste de Khor Angar.
Leurs tentatives de traversée n'ont jamais été aussi nombreuses. En 2023, plus de 900 vies ont été perdues. "Ici, derrière cette montagne, se cache une fosse commune où reposent 50 corps. Une autre, avec 43 corps. Ces côtes sont parsemées de tombes," révèle Youssouf Moussa Mohamed, responsable de l'OIM à Obock.
Chaque jour, des membres de l'Organisation internationale pour les migrations viennent en aide aux survivants de ces tragédies. Les histoires racontées sont souvent glaçantes. "Mon bateau a coulé, rempli d'eau. Nous étions tellement nombreux. J'ai vu des gens mourir, et certains corps n'ont jamais été retrouvés," témoigne Zinad Gebrekristos, l'une des rares rescapées. Malgré l'angoisse et les dangers, beaucoup sont déterminés à reprendre la route, car pour ces migrants, l'exode vers des terres plus sûres et plus prospères est souvent considéré comme la seule issue viable.







