Deux physiciens russes, Valery Zvegintsev et Vladislav Galkin, spécialisés dans la recherche sur les missiles hypersoniques, ont été condamnés à 12 ans et demi de réclusion dans une colonie pénitentiaire, d'après les informations de Reuters. Cette sentence, prononcée le 5 mai, s'inscrit dans un cadre judiciaire défini par un procès à huis clos, soulignant la sensibilité de cette affaire.
Les accusations portent sur un article publié dans une revue iranienne concernant la dynamique des gaz, un travail que les procureurs ont jugé suspect. Selon TASS, le FSB aurait intensifié ses opérations afin de neutraliser les supposés ennemis internes, surtout dans des secteurs jugés stratégiques.
« Ces poursuites montrent un zèle inadéquat des services de sécurité à traquer des traîtres imaginaires, » déclare Olga Orlova, chef de la publication T-Invariant, qui collabore avec des scientifiques contestataires en Russie. Selon elle, les deux hommes, malgré leur arrestation, n'ont jamais tenté de fuir le pays, ce qui témoigne de leur engagement envers leurs travaux.
Victimes d’une véritable obsession pour l’espionnage
Evgeniy Smirnov, défenseur des droits de l'homme, a exprimé des inquiétudes sur la santé des condamnés et a qualifié le verdict de « condamnation à mort ». À 82 et 71 ans, Zvegintsev et Galkin sont en effet en très mauvaise santé, ce qui aggravera les conditions de leur incarcération. « Ils sont persécutés uniquement pour leurs contributions scientifiques », a déclaré Smirnov.
Le Kremlin a évité de commenter ce cas spécifique, mais a souligné qu'un certain nombre de chercheurs dans le domaine hypersonique faisaient face à des accusations sérieuses. Vladimir Poutine a appelé à une vigilance accrue face aux menaces en période de conflit.
L’équivalent d’une condamnation à mort
Au-delà de cette affaire, la répression ne se limite pas à Zvegintsev et Galkin. D'autres scientifiques, comme Anatoly Maslov et Alexander Shiplyuk, ont écopé de peines allant jusqu'à 15 ans dans le cadre de la même chasse aux sorcières contre la communauté scientifique. Ce climat de peur incite de nombreux jeunes chercheurs à s'éloigner d'une carrière en science.
Les deux physiciens ont plaidé non coupables, affirmant que leur travail avait toujours reçu l’aval des autorités. Dans une lettre écrite par des collègues, leur innocence est défendue, et l’impact négatif de cette affaire sur la recherche en Russie est souligné, menaçant de décourager de nouveaux talents dans un champ d'étude crucial pour l'avenir énergétique du pays.







