Le congrès du Fatah, le principal parti palestinien, s'ouvre dans un contexte délicat alors que le mouvement doit faire face à des défis considérables consécutifs à la guerre à Gaza et à l'expansion des colonies israéliennes. Le président palestinien Mahmoud Abbas a promis ce jeudi, à l'ouverture du congrès de son parti, des réformes significatives et des élections. Lors de ce discours, Abbas a évoqué l'organisation imminente d'élections législatives et présidentielles sans toutefois fournir de date précise. À 90 ans, et après plus de deux décennies au pouvoir, il a souligné le besoin de réformes tout en s'engageant à respecter ses promesses.
Le congrès, qui se déroule à Ramallah en Cisjordanie occupée, reflète les tensions que traverse le Fatah après la guerre dévastatrice dans la bande de Gaza, la colonisation croissante en Cisjordanie, et une légitimité en chute libre. "Ce congrès, sur notre terre, témoigne de notre détermination à avancer vers la démocratie et à promouvoir la place des jeunes et des femmes," a déclaré Mahmoud Abbas. Au terme de la journée, il a été "réélu à l'unanimité" à la tête du Fatah, rapportait l'agence de presse officielle Wafa.
Un parti en perte de vitesse
La future élection d'un nouveau comité central pourrait être déterminante pour l'avenir du Fatah après l'ère Abbas. Historiquement, le Fatah est le pilier de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), réunissant la plupart des factions palestiniennes, à l'exception des groupes islamistes tels que le Hamas et le Djihad islamique. Cependant, sa popularité a fortement décliné au fil des décennies, aggravée par des batailles internes, des rivalités avec le Hamas et un ras-le-bol croissant vis-à-vis de l'impasse du processus de paix israélo-palestinien. "Nous faisons face à des défis sans précédent," a déclaré Jibril Rajoub, le secrétaire général du comité central du Fatah. Ce dernier a espéré que les conclusions de ce congrès pourraient aider à "consolider la création d’un État palestinien sur la scène internationale et à défendre l'OLP en tant que représentant légitime des Palestiniens."
Le gouvernement israélien dirigé par Benyamin Netanyahou reste cependant opposé à la création d'un État palestinien indépendant et oeuvre sur le terrain pour rendre cette possibilité impraticable par l'élargissement des colonies, qui sont considérées comme illégales par le droit international.
Élection de représentants
Dans ce climat tendu, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, l'une des voix européennes les plus critiques envers le gouvernement Netanyahou, a pris la parole via une vidéo préenregistrée, affirmant son soutien à la "solution à deux États" au nom de l'Internationale socialiste.
Ce congrès de trois jours regroupe environ 2 580 délégués, présents physiquement ou virtuellement, qui auront pour tâche d'élire 18 représentants au sein du comité central ainsi que 80 au sein du conseil révolutionnaire, l'organe législatif du parti. Parmi les personnalités tendance à succéder à Mahmoud Abbas, on retrouve Jibril Rajoub et le vice-président de l'Autorité palestinienne, Hussein al-Cheikh.
Enfin, Benyamin Netanyahou a assuré que l'Autorité palestinienne et le Fatah n'auraient pas de rôle dans la gouvernance de Gaza après la guerre. Il est à rappeler que le Hamas, qui avait remporté les élections législatives de 2006, est parvenu à prendre le contrôle de Gaza l'année suivante en évincant le Fatah, suite à des mois d'impasse politique sur une éventuelle répartition des pouvoirs.







